MONTREAL - Scott McKay n'est peut-être plus le chef du Parti vert du Québec, il espère néanmoins devenir le tout premier député vert à l'Assemblée nationale.
Le pari est toutefois loin d'être gagné pour le candidat dans la circonscription montréalaise de Bourget qui affrontera entre autres, aux complémentaires de lundi, le péquiste Maka Kotto, la libérale Lyn Thériault et l'adéquiste Denis Mondor.
Même si la circonscription, laissée vacante après le départ de l'ancienne leader parlementaire péquiste Diane Lemieux, est considérée comme un fief du PQ, rien n'est encore joué, croit Scott McKay.
"Il n'y a aucun candidat dans Bourget qui peut s'estimer gagnant à l'heure actuelle. Le suspense est dans l'air et on verra bien lundi!"
Selon lui, le résultat final dépendra avant tout du taux de participation, souvent très faible aux élections complémentaires. Le parti multiplie donc les coups de téléphone et le porte-à-porte pour tenter de faire sortir le vote en sa faveur.
"C'est une véritable course et nous sommes dans le dernier droit."
M. McKay affirme être régulièrement interpellé dans la rue, depuis le début de la campagne, par des électeurs lui manifestant leur soutien, ce qui le laisse croire que ses chances de remporter le siège ne sont pas mauvaises.
Plan de transport
Samedi, l'ancien chef du Parti vert, aujourd'hui remplacé par Guy Rainville, a dévoilé son plan de transport accompagné du candidat dans Pointe-aux-Trembles, Xavier Daxhelet.
On propose notamment une réduction de 50 pour cent du prix de la carte d'autobus et de métro à Montréal.
"Il s'agit d'une mesure qui coûtera environ 96 millions $ au gouvernement, mais qui rapportera beaucoup en retombées économiques pour l'industrie québécoise dans le domaine du transport en commun", a avancé M. McKay.
Comme il juge le réseau de métro presque à pleine capacité, pour éviter son engorgement, la réduction du coût de la CAM serait accompagnée d'investissements dans les infrastructures du transport en commun.
Le parti suggère entre autres la construction d'un réseau de tramway et la prolongation d'une ligne de métro vers Anjou. L'objectif est de permettre aux citoyens de réduire leur dépendance à la voiture, et par ricochet, au pétrole.
Au total, le plan de transport du Parti vert s'élèverait à 15 milliards $ sur vingt ans, financé en grande partie par l'installation de postes de péage aux ponts de l'île de Montréal.
Changement de garde
Scott McKay s'est fait ravir le leadership de son parti lors du congrès national des verts le 29 mars dernier à Trois-Rivières. Son rival, le vice-président d'alors, Guy Rainville, avait obtenu 54,4 pour cent des appuis des membres lors d'un vote de confiance marqué par un fort taux d'absentéisme.
M. Rainville avait obtenu 268 votes contre 225 pour M. McKay.
Depuis, peu de changements ont été observés au parti écologiste, dont la popularité n'a pas vraiment bougé dans les sondages. Cela s'explique par la fait que l'adhésion au parti repose peu sur les épaules d'un chef, contrairement à d'autres partis au Québec, croit M. McKay.
"Personnellement, je pourrais me désoler du fait que, même si je ne suis plus là, le parti va tout aussi bien qu'avant. Par contre, pour le parti, je m'en réjouis."
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