MONTREAL - Bien que des progrès aient été réalisés, les médecins diplômés à l'étranger demandent une accélération du processus qui leur permettra de pratiquer au Québec et d'occuper des postes de résidence.
La Coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger a rencontré la presse, mardi à Montréal, pour faire le point sur l'octroi de ces postes de résidence en médecine, dont plusieurs ont encore été laissés vacants cette année, malgré qu'il y ait plusieurs médecins diplômés à l'extérieur du Canada et des Etats-Unis qui soient prêts à les occuper.
Plusieurs candidats ont passé les examens du Collège des médecins, ont parfois même des lettres de référence de médecins québécois, mais ne réussissent toujours pas à obtenir un poste en résidence au Québec, ont déploré les porte-parole de la coalition, les docteurs Comlan Amouzou et Lamia Ouamara.
Cette année encore, des 140 médecins diplômés à l'étranger qui ont présenté leur demande de résidence, 65 ont été acceptés au premier tour et trois au second tour.
"Donc, à peu près 72 médecins, cette année encore, sont abandonnés à leur sort, des gens qui ont réussi tous les examens, qui sont prêts à servir la population du Québec, surtout dans un contexte de pénurie. Pour nous, membres de la coalition, nous disons que c'est inacceptable", s'est exclamé le docteur Amouzou.
Pourtant, 73 postes de résidence sont encore vacants.
Finalement, environ la moitié des candidats sont admis, selon les facultés de médecine des universités (Montréal, McGill, Laval et Sherbrooke).
Le 29 avril dernier, ces quatre facultés de médecine avaient fait savoir que les dossiers des candidats qui n'ont pas été admis cette année seront analysés de nouveau.
Ces facultés avaient aussi annoncé qu'en 2009, tous les candidats au poste de résidence en médecine familiale seront convoqués en entrevue, qu'ils soient diplômés hors du Canada et des Etats-Unis ou diplômés ici.
Mais, pour le docteur Amouzou, cela n'est pas suffisant et pas assez rapide. Il reconnaît la volonté du ministre de la Santé Philippe Couillard et de la ministre de l'Education Michelle Courchesne d'améliorer le système, mais s'en prend aux facultés de médecine des universités, qui ne pressent pas assez le pas. Il critique aussi le Collège des médecins qui, selon lui, "sous-traite" le problème aux facultés de médecine, comme s'il n'était pas partie prenante du problème.
Le docteur Amouzou affirme que lors des entrevues, les médecins diplômés à l'étranger se font poser des questions du genre: quel âge avez-vous, de quel pays vous venez, aviez-vous un scanner dans votre pays? Ou bien on laisse entendre que ça fait trop d'années qu'ils n'ont pas pratiqué la médecine, alors que c'est le processus québécois de reconnaissance qui est trop long et qui provoque ces délais.
Solutions
Le docteur Amouzou formule donc quelques suggestions pour régler le problème à plus long terme, dont celle d'organiser un stage d'immersion rémunéré d'une durée de trois mois pour permettre à ces médecins de connaître l'organisation des soins au Québec, les institutions, la planification des soins.
Il propose également de constituer des équipes d'entrevue qui reflètent la diversité culturelle du Québec au sein des facultés universitaires.
Il tient également à ce que des postes de résidence soient désormais réservés aux médecins diplômés à l'étranger.
Fait à noter, le Centre de recherche-action sur les relations raciales a déjà demandé à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse d'enquêter sur la situation des médecins diplômés à l'étranger, plus particulièrement sur les critères d'admission.
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