VANCOUVER - A force d'intervenir auprès de personnes souffrant de troubles mentaux, les policiers nord-américains ont gagné le sobriquet de "psychiatres en bleu".
C'est la raison pour laquelle l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) demande à la commission britanno-colombienne qui enquête sur le Taser de convaincre les policier de privilégier la discussion sur l'utilisation du pistolet électrique.
"Il est certain que les policiers de Colombie-Britannique, et du reste de l'Amérique du nord, sont les premiers à intervenir à l'occasion de crises impliquant des individus souffrant de troubles mentaux, a déclaré Camia Weaver, de l'ACSM. Il ne fait pas de doute que, ces dernières années, ils sont devenus des travailleurs en santé mentale de première ligne".
Ce n'est peut-être pas ce que la police souhaite, mais c'est un fait, a-t-elle expliqué à Thomas Braidwood qui dirige la commission d'enquête.
Les statistiques montrent que 30 pour cent des individus qui bénéficient de soins pour troubles mentaux en Colombie-Britannique ont d'abord eu affaire, d'une façon ou d'une autre, aux forces de l'ordre.
Or, avance Camia Weaver, les officiers ne disposent pas d'un entraînement suffisant pour agir efficacement lorsqu'ils sont confrontés à quelqu'un souffrant de troubles mentaux.
L'ACSM souhaiterait qu'une formation de 40 heures soit proposée aux officiers de la police municipale et de la GRC.
Actuellement, seule une formation de quelques heures sur les maladies mentales est dispensée aux policiers en formation au JIBC (Justice institute of British Colombia).
Quant au Taser, il ne devrait être utilisé qu'en dernier recours et pas plus d'une fois sur la même personne, estime le docteur Nancy Hall, consultante auprès de l'ACSM.
L'Association réclame par ailleurs une enquête "indépendante" sur le pistolet électrique.
"Dans le monde de la santé, les médecins n'utiliseraient jamais une technologie avec pour seul avis celui du fabricant", a ajouté le Dr Hall.
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