FREDERICTON - Les autorités provinciales du Nouveau-Brunswick estiment que le pire des inondations est passé et que le niveau d'eau a baissé le long du fleuve Saint-Jean, mais qu'il restait encore des endroits à risque.
"Le problème ne s'est pas encore entièrement estompé, a dit Andy Morton, directeur adjoint de l'Organisation des mesures d'urgence du Nouveau-Brunswick. Des maisons, des routes et des propriétés sont inondées et le demeureront pendant plusieurs jours encore. Le danger demeure présent."
M. Morton a notamment signalé que les routes couvertes d'une mince couche d'eau pouvaient cacher de légères dépressions terrestres. De plus, les orignaux et les cerfs qui cherchent à quitter les forêts inondées continuent d'apparaître le long des routes. Enfin, les autorités du ministère de la Santé ont avisé que les puits d'eau privés pouvaient être contaminés par les eaux de crue et que les propriétaires de tels puits, devaient, jusqu'à nouvel ordre, faire bouillir leur eau avant de la consommer.
Bien que l'on prévoit du temps doux et sec au cours des prochains jours, les autorités provinciales gardent un oeil sur les prévisions à long terme qui annoncent de la pluie à la fin de la semaine.
Pendant ce temps, les marées extrêmement hautes de la Baie de Fundy, où se jette le fleuve St-Jean, devraient contribuer à maintenir l'eau du fleuve au-dessus de son niveau d'inondation. Lorsque la marée se lève dans la baie, le niveau d'eau a le même effet qu'un barrage, ce qui empêche le fleuve de s'y jeter. C'est en raison de ce phénomène que les inondations ont été plus sévères le long du fleuve d'une distance de 670 kilomètres.
Nancy Moar, une porte-parole de la Ville de Saint-Jean, a fait savoir que les niveaux d'eaux avaient baissé légèrement, mais que l'on appréhendait une marée particulièrement haute vers minuit lundi.
"Nous ne savons pas à quoi nous attendre et pour cette raison, nous continuons de surveiller la situation", a-t-elle déclaré en entrevue.
Plus de 90 propriétaires de Saint-Jean se sont enregistrés auprès des responsables de l'évacuation, mais ceux-ci n'ont aucune idée du nombre réel d'évacués pour l'instant. Dans l'ensemble de la province, 832 citoyens ont avisé la Croix-Rouge qu'ils avaient évacué leur résidence, ou envisageaient de le faire. Toutefois, les autorités provinciales croient que le nombre est plus près du millier car certains résidants ont quitté sans aviser la Croix-Rouge. L'organisme a été en mesure de fournir un abri à 283 des évacués.
A la suite de la baisse du niveau d'eau, le travail visant à permettre aux citoyens évacués de réintégrer leur domicile a été mis en marche.
Selon Benoit Laroche, du Bureau du prévôt des incendies du Nouveau-Brunswick, des inspecteurs ont commencé à visiter des résidences situées dans le nord-ouest de la province, où le niveau d'eau est revenu à la normale.
"Nous avons visité 77 résidences, a précisé M. Laroche. Les inspections prennent de temps que prévu à cause de sévères dommages structurels."
Dimanche, le gouvernement provincial a dévoilé les grandes lignes d'un programme d'aide de secours aux sinistrés. A midi lundi, 325 personnes s'y étaient inscrits. Le programme couvre les biens essentiels et prévoit un déductible de 1000$ pour les propriétaires de résidence et de 5000$ pour les propriétaires d'exploitations agricoles et de petites entreprises.
L'eau fournie par les services d'aqueduc municipaux de Saint-Jean et de Fredericton a été analysée et ne présente aucun risque pour la santé.
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