MONTREAL - Le nombre d'avortements a encore une fois chuté en 2005, tant au Canada qu'au Québec, selon Statistique Canada.
Il s'agit d'une tendance à long terme, une diminution légère mais graduelle, et ce, tant au Québec qu'au Canada.
Ainsi, en 2005, il s'est pratiqué au Canada 96 815 avortements provoqués, comparativement à 100 039 en 2004. Il s'agit d'une baisse de 3,2 pour cent.
A titre d'exemple, 10 ans plus tôt, en 1996, 111 659 avortements provoqués avaient été pratiqués au pays.
Une baisse du nombre d'avortements a été enregistrée dans la plupart des provinces, soit au Québec, en Ontario, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Nouvelle-Ecosse, à l'Ile-du-Prince-Edouard ainsi qu'à Terre-Neuve et Labrador.
Au Québec, en 2005, il s'est pratiqué 29 259 avortements provoqués, comparativement à 30 616 en 2004, soit une diminution de 4,4 pour cent.
Dans les années précédentes, au Québec, le nombre d'avortements se situait dans les 30 000 ou les 31 000 sauf en 1996, lorsque 28 852 avortements avaient été pratiqués, soit un nombre inférieur à 2005.
La présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, la docteure Corinne Leclercq, avance plusieurs facteurs pour expliquer cette diminution du nombre d'avortements au Québec. "Il y a beaucoup de travail au Québec qui a été fait dans les écoles. Les infirmières, maintenant, au Québec, avec la Loi 90, peuvent donner une contraception pour les trois premiers mois. Alors peut-être que ça a pu aider à faire diminuer le nombre d'avortements. Aussi, le plan B, qui est la pilule du lendemain, est beaucoup plus disponible qu'auparavant. Il y a pas mal de mesures qu'on essaie de faire pour que les grossesses non désirées n'aient pas lieu", a-t-elle expliqué en entrevue.
La docteure Leclercq soumet aussi d'autres explications, comme l'amélioration de la situation économique et de l'emploi ces dernières années.
Elle suggère également la possibilité que le régime québécois d'assurance parentale y soit pour quelque chose.
Statistique Canada précise également que le nombre d'avortements a diminué de façon plus marquée chez les femmes de moins de 20 ans.
Les avortements provoqués restent plus répandus chez les femmes au début de la vingtaine. En 2005, parmi toutes les Canadiennes qui avaient subi un avortement, 31 pour cent faisaient partie de ce groupe d'âge, note l'agence.
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