Cuba et l’après-Castro
Ce n’est pas toutes les semaines qu’on parle de politique internationale dans cette chronique. Mais l’envie d’écrire un commentaire sur l’avenir de Cuba est trop forte.
Qu’adviendra-t-il du régime castriste advenant la mort de Fidel, malade depuis le mois de juillet dernier et au pouvoir depuis 1959, soit près d’un demi-siècle d’histoire? C’est ce que tout le monde se demande, mais comme c’est souvent le cas, il n’y a pas de réponse claire à cette question.
Pour le moment, c’est Raoul Castro, le frère de Fidel et numéro 2 du régime, qui tient les rênes du Parti Communiste cubain. On dit de ce dernier qu’il se situe dans la même lignée que Fidel sur le plan idéologique, bien qu’il soit légèrement plus ouvert à une forme de libéralisme économique intégré au modèle socialiste. En décembre, il a montré une certaine ouverture face au voisin américain, avec lequel il n’y a toujours aucun échange économique en raison de l’embargo des États-Unis. «Je veux saisir cette occasion pour déclarer à nouveau notre disposition à résoudre à la table de négociations le long contentieux entre les États-Unis et Cuba», a-t-il dit.
Les changements profonds qui attendent Cuba iront-ils dans la voie empruntée par la Chine : un régime plutôt autoritaire, mais ouvert à l’économie de marché ?
Le plus probable est que Cuba se dirige sur le même chemin que certains pays d’Amérique du Sud, qui misent non pas sur le socialisme, mais sur une économie dont la vocation est le bien commun. On pense au Brésil, à la Bolivie, au Nicaragua et au Venezuela. Soulignons que les échanges sous forme de troc sont déjà bien organisés entre le Venezuela et Cuba : des
barils de pétrole contre l’envoi de médecins et d’enseignants.
D’ores et déjà, Cuba a accédé dans une certaine mesure à l’économie de marché. On y retrouve des corporations et entreprises actionarisées, avec à la fois une participation de capitaux publics et privés. De nombreux hôtels à Cuba sont également dirigés par des étrangers.
Chose certaine, il est bien difficile de faire des prévisions politiques en ce qui
concerne Cuba.
Fidel Castro a apporté à son pays une totale indépendance, malgré les difficultés découlant de l’hostilité des États-Unis. C’est une belle réussite. Parmi les bons coups réalisés sous le règne de Castro, on note également la création d’un système de santé de qualité et la mise en place d’un système éducation tout aussi efficace.
En contrepartie, on relève l’absence d’une société démocratique et le faible niveau de vie des Cubains les moins nantis. C’est pourquoi une réforme économique -
un espace laissé aux entreprises privées -, sera sans doute nécessaire, n’en déplaise aux admirateurs du régime Castro.nj