Mathieu Petitclair, responsable du centre informatique de l'Auberge communautaire
Une opportunité pour les jeunes sans-abri de se prendre en main
Au Centre informatique de l'Auberge communautaire
Opérant dans les locaux de l'ancienne Banque de Montréal sur la rue Wellington, le Centre informatique de l'Auberge communautaire est l'un des trois plateaux de formation du projet Azimut, qui permet aux jeunes sans-abri de participer à une expérience de réinsertion au travail.
Le programme Azimut a été créé en 2000 afin de donner la chance aux jeunes sans-abri résidant à l'Auberge communautaire du sud-ouest, d'acquérir de l'expérience en milieu de travail. Selon leurs intérêts, les jeunes âgés entre 18 et 30 ans doivent choisir l'une des trois activités offertes, soit l'ébénisterie, la cuisine-traiteur ou l'informatique-bureautique.
Une douzaine de jeunes et deux formateurs ont l'entière responsabilité du Centre d'informatique, qui est en fait un café Internet ouvert au public. Mathieu Petitclerc est l'un des deux formateurs toujours sur place pour assister les jeunes et leur apprendre les rudiments de l'informatique. «Travailler au Centre fait partie d'un processus de responsabilisation et d'autonomisation pour ces jeunes qui ont généralement de la difficulté à s'adapter au milieu du travail», a-t-il affirmé. À leur arrivée au Centre, les jeunes suivent des formations pratiques pendant un certain nombre de mois. Ils apprennent entre autres à assembler et réparer des ordinateurs, ce qui dans certains cas peut même leur permettre d'obtenir une attestation équivalente à un diplôme d'études secondaires. Cependant, ces jeunes apprennent beaucoup plus que les bases de l'informatique, ils apprennent à travailler sur eux-mêmes. «On apprend à travailler en groupes, à séparer le travail de la maison, la maîtrise de soi, la ponctualité, la gestion du stress», a mentionné Patrick Dubé, l'un des jeunes en formation.
Lorsqu'ils ont terminé leur formation, les jeunes ont ensuite la responsabilité de s'occuper du Centre comme si c'était leur propre entreprise. Ils doivent entre autres répondre aux clients, offrir du support technique et être présent de l'ouverture à la fermeture, soit de 13h à 21h. En plus, ils offrent au public divers cours d'informatique de base, ainsi qu'un service de réparation à prix très modique. Ces revenus ne sont évidemment pas suffisants pour opérer le Centre et c'est pour cette raison que plusieurs partenaires, dont le ministère canadien des Ressources humaines et du Développement social, contribuent financièrement au projet. Mais comme l'a mentionné Mathieu Petitclerc, il y a toujours place à l'amélioration: «Nous aimerions avoir du bon matériel de bureau, de bonnes tables, de bonnes chaises et de meilleurs ordinateurs afin d'être à jour».