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Expérience bouleversante pour Jean-Pierre Dubé

Sur le chemin de Compostelle

Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 27 décembre 2006 à 12:01
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Expérience bouleversante pour Jean-Pierre Dubé
Sur le chemin de Compostelle
boulangerp@transcontinental.ca
Le chemin de Compostelle, vous connaissez? Chaque année, des visiteurs de tous les coins de la planète envahissent et sillonnent à pied ce parcours spirituel et historique s'étendant de la France à l'Espagne. Jean-Pierre Dubé, un LaSallois d’origine verdunoise est revenu profondément transformé de cette expérience bouleversante qu'il n'oubliera pas de sitôt.
Pendant trois semaines au début de l’automne, Jean-Pierre Dubé, 48 ans, a défié les obstacles naturels et parcouru plus de 450 kilomètres, à raison de 20 à 30 kilomètres par jour. Pour lui, l'expérience est plus que concluante.

"Ça aide à se reprendre en mains, à voir clair dans ce qui s'est passé dans ta vie. De retour au travail, les gens me disent que j'ai changé, que je suis plus calme. Ma façon de gérer mon travail et ma vie a été transformée. Je suis plus serein et j'ai de nouveaux projets. On se retrouve en-dedans de nous-mêmes et ça nous fait un bien énorme."

Natif de Verdun où il est très connu, Jean-Pierre Dubé habite LaSalle depuis trois ans et il est père de trois enfants. Il est gérant de département chez Home Dépôt de la rue Beaubien à Montréal. "À Verdun, j'ai eu un dépanneur au coin de la rue Troy et du boulevard LaSalle et une fruiterie au coin des rues Osborne et Verdun. Je suis chez Home Dépôt depuis cinq ans."
Coup de foudre pour la randonnée
La randonnée pédestre a toujours intéressé cet aventurier. "Quand ma vie allait moins bien, je suis allé dans un parc de la Gaspésie. Je suis parti seul, sans savoir ce qui m'attendait et j'ai "trippé" sur la randonnée pédestre. Cet été, avant que je devienne gérant, mon patron m'a incité à relever le défi Compostelle. Pourquoi ne pas le faire pendant que je suis en forme? J'ai acheté mon billet d'avion mais je n'ai fait aucune réservation d'hôtel. Je suis arrivé à Puy En Velay, dans le sud-ouest de la France, pendant une fête médiévale. À l’Hôtel Saint-Jacques, il ne restait qu'une chambre à 65 euros mais il y avait un loft en haut d'une maison qu'on pouvait me louer à 40 euros. C'était parfait pour moi. Ça n'arrivait pas pour rien."
"Le lendemain, j'ai visité Puy En Velay. Les maisons, toutes en pierres, sont extraordinaires. Tout est médiéval. La cathédrale est à flanc de montagne, elle est juchée dans les hauteurs. Je suis allé m'y recueillir et c'est là que j'ai décidé de m'enligner pour le chemin de Compostelle."
À l'aventure !
Après deux jours, Jean-Pierre Dubé se lance dans la grande aventure. "Le chemin est balisé. Un guide touristique explique le chemin reliant Puy En Velay et Figeac. De tels bouquins se vendent à chaque étape. On nous indique les endroits où coucher et manger. On peut coucher chez des gens, dans des gîtes ou des monastères. Le plus cher que ça m'a coûté, c'est entre 25 à 27 euros, une quarantaine de dollars, pour la nuitée, le repas du soir avec vin à volonté et le petit déjeuner. Eux, ils se réveillent et c'est un café. Ils ont une pause vers 10h30 et c'est là qu'ils déjeunent. Le souper n'est jamais avant 19h30 et les commerces sont fermés de midi à 14h30."

Comment se passe une journée? "La température variait entre 25 et 28 degrés. Le réveil se faisait vers 6h. Le sac à dos ne doit pas peser plus de 11 kilos. Les paysages sont féériques. On peut en profiter pleinement. Certains matins, le brouillard est dans toute la cuve, comme si nous étions dans un avion au-dessus des nuages. C'est hallucinant! On arrive au gîte vers 15h. Il faut se laver et laver nos vêtements parce qu'on en a très peu. On se couche tôt parce qu'on a notre journée dans le corps."
De découvertes en découvertes
Profondément ému, Jean-Pierre parle de son séjour dans un monastère de Conques. "Un vieux village époustouflant qu'on ne voit pas avant d'arriver parce qu'il est à flanc de montagne. Il est dans le creux de la cuve, comme si les maisons étaient accrochées à la montagne. Quelque chose m'y attirait et j'y suis resté deux jours. Le soir, on t'amène dans une église pour la bénédiction du pèlerin. Le Père Daniel te donne la bénédiction et te fait un concert de piano à queue. Puis, il t'amène à l'extérieur pour t'expliquer le tympan, genre de sculpture dans la roche à l'entrée de l'église. Sur un côté, tu as la moitié du ciel et de l'autre côté, de l'enfer. Ensuite, on retourne à l'intérieur et il nous fait un concert d'orgue à vent. J'en avais des frissons à la grandeur du corps."

Le chemin de Compostelle est spirituel. "Il y a beaucoup de symbolique et au début, j'y croyais plus ou moins. Il y a des croix partout. La tradition veut qu'on ramasse une pierre au sol et qu'on la mette sur la croix. Quand j'avais un but pour l'avenir ou un regret, je prenais une roche et je la transportais dans ma main jusqu'à ce que j'en sois écœuré. Alors je la déposais sur une croix en faisant une prière ou une réflexion. Nous sommes tous là pour la même chose."

Le trajet complet de 1800 kilomètres nécessite plusieurs mois de marche. Jean-Pierre Dubé entend-t-il y retourner? "Absolument! Je le ferai par étape mais c'est sûr que je me rendrai au bout." Le recommande-t-il à d'autres? “Je le recommande aux gens qui font de la randonnée pédestre. Je le conseille à ceux qui veulent se ressourcer et être avec eux-mêmes. Je conseille aussi le bâton de pèlerin parce que le chemin est rocheux et escarpé�?.

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