.Chloé Lina, 18 ans, St-Henri, Géminis Hernandez-Tétrault 27 ans, Pointe-St-Charles, Navid Behbound, 20 ans, de Ville-Émard, Krystle Michaud, 20 ans, de St-Henri et Naomi Shaw, 25 ans, de Pointe-St-Charles. (Photo : Martin A. Chamberland) jeunes Pérou2.jpg
Prévenir le SIDA au Pérou
Ils sont devenus des coopérants à l'international le temps d'un voyage inoubliable
Cinq jeunes du Sud-Ouest ont eu la chance de vivre une première expérience de coopération internationale au Pérou, ces dernières semaines. Tout juste revenus depuis quelques jours, ils étaient emballés par leur expérience et, surtout, pas tout à fait revenus, lors de leur rencontre avec La Voix populaire.
Ils avaient quitté le pays le 13 novembre dernier pour joindre les rangs de l'organisme péruvien Kallpa, le temps d'une grande campagne de prévention du SIDA. Pour se préparer, ils ont fait six semaines de formation.
Nos coopérants en herbe ont donc suivi des cours d'Espagnol, en plus de formations sur la connaissance de soi, le choc culturel, le fonctionnement de groupe et la prévention du SIDA. Ce voyage spécial a été permis par l'implication du Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) Sud-Ouest, un organisme affilié au RESO.
Le Carrefour organisait déjà sur une base régulière, des échanges en France, mais le projet au Pérou est une première et on ne sait pas encore si l'expérience sera rééditée.
Coordonné par Fella Zerroukim, conseillère en emploi, et José Maria Ramirez, responsable des cours d'espagnol et tous deux accompagnateurs dans le voyage, le projet se voulait un moyen d'aider les jeunes dans leur retour aux études en les amenant à se connaître davantage et ouvrir leurs horizons.
Des valeurs différentes
Malgré la pauvreté relative des habitants du Pérou, les jeunes participants du Sud-Ouest ont été étonnés de voir l'esprit de partage qui y régnait.
«J'ai travaillé avec des jeunes femmes là-bas et j'ai vu que, peu importe ce qu'elles ont, elles le partagent; elles ne sont pas égoïstes. Je les connaissais à peine que déjà elles me traitaient comme quelqu'un de spécial. Je me suis fait des amies très rapidement», raconte Noémie Shaw, une jeune femme de 25 ans, résidente de Pointe-Saint-Charles.
Geminis Hernandez-Tétrault, 27 ans, lui-même d'origine péruvienne, a été frappé par la capacité de ce peuple à apprécier les petites choses: «Je leur donnais ce que j'avais, des oranges, des crayons. Moi, j'étais un peu mal à l'aise, c'est tout ce que j'avais, mais eux, ils étaient hyper contents. Tout est bienvenu là-bas», raconte-t-il.
Navid Behbound, un jeune homme de 20 ans de Ville-Émard, explique les différences dans les mentalités entre les deux peuples: «Ici les gens rêvent de devenir riches, mais là-bas ils sont pauvres et savent qu'ils vont vivre et mourir pauvres. Alors ils se donnent une autre perception de la vie, moins matérialiste. Ils sont accueillants, généreux et n'attendent rien de toi», dit-il.
Une vie changée
Ateliers d'improvisation, création de toiles et chansons sur le thème de la prévention du sida, les participants ont utilisé tous leurs talents pour faire passer leur message. Et ils ont même passé à la télé nationale péruvienne!
«Nous n'étions pas en lien directement avec les malades du sida, on faisait plutôt de la sensibilisation auprès d'étudiants dans les écoles secondaires. On a monté des ateliers ludiques pour prévenir le sida, mais aussi le suicide et les grossesses non désirées», expliquent Géminis et Kristle Michaud, une jeune femme de vingt ans de St-Henri.
«Malgré notre petite formation en Espagnol, nous avons beaucoup utilisé nos talents de mimes pour se faire comprendre», illustre Kristle, suscitant un fou rire général.
Les jeunes canadiens ont eux aussi appris des Péruviens:«Tout le monde là-bas a une adresse de courriel, mais Navid, lui, n'en avait pas. Ils ont trouvé que ce n'était pas normal, lui en ont créé une et lui ont montré comment s'en servir. Et il l'utilise maintenant!», raconte Naomi.
Et l'avenir? Vont-ils en rester là? «On parle beaucoup d'aide humanitaire, mais ici aussi il y a des enfants qui ne mangent pas, qui sont battus», a pris conscience Chloé Lina, 18 ans, de St-Henri. Kristle veut elle aussi aider ici, à St-Henri, avant de retourner à l'étranger. Géminis, lui, ne rêve que de repartir et de créer une ONG là-bas. Rien ne leur semble désormais hors de portée.
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