Allô Parlement, quelqu’un écoute ?
Qu’elle me déçoit la position du Canada à la Conférence sur les changements climatiques tenue à Nairobi. Malgré des études convaincantes réalisées partout dans le monde
exprimant les conséquences néfastes du réchauffement de la planète, le Canada se faisait toujours tirer l’oreille, vendredi matin. J’ose espérer que la ministre de l’Environnement Rona Ambrose a depuis changé son fusil d’épaule, mais n’empêche que son hésitation à signer la proposition d’échéancier concernant la deuxième phase du Protocole de Kyoto est significative de
l’inaction du gouvernement Harper.
Alors que plus de 160 pays sont d’accord, en vertu des dernières études scientifiques, pour accélérer la diminution d’émissions de gaz à effet de serre, le Canada a déjà
abandonné ses objectifs pour 2012. Notre beau grand pays devait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 pour cent par rapport à 1990, pourtant les émissions ont augmenté de 35 % depuis seize ans. Quel désastre!
Le pire, c’est qu’on a l’impression que le
gouvernement Harper s’en lave les mains. Tandis que la majorité des pays ont réalisé l’importance de la crise environnementale qui nous guette, le Canada préfère ramer à contre-courant, seul sur son navire, comme en témoigne son projet de loi sur la qualité de l’air.
Vraiment, Rona Ambrose a frôlé le ridicule en début de semaine dernière, quand elle a affirmé que «le Protocole de Kyoto est
utilisé afin de diviser les Canadiens». On pourrait lui répondre au contraire que le Protocole de Kyoto est là pour unir les Canadiens et tous les citoyens appartenant à la même planète.
Je comprends que les efforts requis afin de réaliser les objectifs de Kyoto peuvent engendrer des coûts importants pour les entreprises et gouvernements. Mais on doit reconnaître l’urgence de s’attaquer aux changements climatiques. Une étude
n’attend pas l’autre pour nous le rappeler.
Selon le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), «le réchauffement de la planète s’accompagne d’un
amincissement et d’un retrait de la glace de mer dans l’Arctique, de la fonte des neiges dans les Alpes et sur le Kilimandjaro, d’une intensification des orages, ouragans, typhons, de variations climatiques et d’une augmentation de l’incidence de la fièvre de dengue et du paludisme dans les pays en développement.»
Pas plus tard qu’en octobre dernier, les
conclusions d’une commission d’enquête commandée par le gouvernement
britannique, - la Commission Stern sur les implications économiques des changements climatiques -, étaient sans équivoque. Résumons. On peut encore éviter les impacts des changements climatiques avec des actions concrètes. Les changements
climatiques peuvent avoir de sérieuses
conséquences sur notre croissance économique et notre développement. L’action doit être universelle. Les changements climatiques exigent une réponse internationale basée sur des objectifs
communs à long terme.
Enfin, mercredi dernier, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a déploré «l’effrayante absence de volonté» politique dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Allô Parlement, quelqu’un écoute ?