Plusieurs personnes ont assisté au lancement du livre, au café Paradoze à Pointe St-Charles.
Du silence à l’affirmation
(Marco Silvestro) Pour plusieurs femmes, l’émergence d’une conscience féministe est souvent liée à leur expérience dans un autre mouvement social. Tel est le cas avec l’histoire de neuf femmes qui en sont venues au féminisme par le biais de leur engagement communautaire.
Dans «Pointe Saint-Charles : un quartier, des femmes, une histoire communautaire», le Collectif Courtepointe croise leurs histoires de vie en une trame sur laquelle apparaît l’histoire du mouvement communautaire de ce quartier ouvrier parmi les plus pauvres et les plus militants de Montréal.
La démarche a ceci d’originale qu’elle émane d’un projet d’archivage de la mémoire des groupes populaires dans l’optique de faire connaître l’histoire et d’inspirer de nouvelles générations de citoyennes et citoyens actifs. L’histoire racontée, bien que située localement, est représentative de l’entièreté du mouvement communautaire québécois. En effet, dans les années 1960, un peu partout au Québec, les femmes se sont investies dans des structures démocratiques pour répondre aux besoins des familles ouvrières en santé, logement, alimentation, sécurité urbaine, etc.
L’ouvrage raconte donc une version de l’Histoire, telle que vécue par ces femmes de classe ouvrière, à travers leurs témoignages et les documents d’archives des groupes qu’elles ont mis sur pied, ce qui tranche d’avec le style universitaire habituel.
Les femmes qui s’expriment ici sont touchantes et elles impressionnent par le courage, la ténacité et l’imagination dont elles ont fait preuve au cours de toutes ces années d’engagement; et le plus souvent envers et contre « leur homme » réticent, les fonctionnaires autoritaires et même leurs consœurs imbues des rôles traditionnels assignés aux femmes. Voilà un livre qui rappelle que les programmes sociaux n’ont pas été donnés : ils ont été gagnés de haute lutte.