Un élément qui accroche particulièrement dans le projet de démantèlement de l’autoroute Bonaventure: la création d’un corridor réservé aux autobus sur la rue Dalhousie.
Projet Bonaventure : le corridor Dalhousie accroche
Une soixantaine de citoyens, organismes communautaires, institutions et partis politiques ont présenté un mémoire dans le cadre des audiences de l’Office de consultation publique de Montréal sur le projet de démantèlement de l’autoroute Bonaventure. Constat: le projet Quartier Bonaventure de la Société du Havre de Montréal soulève plusieurs questions.
Des voix ont salué le projet, telle la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal qui voit là «une formidable opportunité de création de richesse, de qualité de vie et de fierté […] un formidable tonique à la revitalisation» du secteur. D’autres par contre ont exprimé de sérieuses réserves.
Un élément accroche particulièrement: la création d’un corridor réservé aux autobus sur la rue Dalhousie, qui serait emprunté chaque jour par 1300 véhicules faisant la navette entre le centre-ville et la Rive-Sud. «Si le projet constitue, dans l’ensemble, un bon projet, la SHM fait totalement fausse route quant au choix du corridor Dalhousie», a fait savoir la chef de l’Opposition officielle de la Ville de Montréal et chef de Vision Montréal, Louise Harel. «Il est tout à fait inacceptable de dépenser inutilement 118,7 M$ de fonds publics pour une solution considérée comme temporaire, en attendant la construction du système léger sur rail (SLR) entre la Rive-Sud et le centre-ville», a-t-elle dit. L’Opposition officielle réclame «l’intégration des voies réservées pour autobus dans le projet de corridor routier Bonaventure, un train de banlieue provisoire dans l’axe Gare centrale – Saint-Hubert – Terminus Chevrier – La Prairie et, dans les meilleurs délais, un SLR sur le pont Victoria».
Projet Montréal passe à la moulinette un projet qu’il qualifie de «désastreux sur les plans social et environnemental». Au chapitre du transport collectif, le parti propose de démolir l'autoroute et d’aménager un corridor tramway reliant le bassin Peel au boulevard Taschereau via le pont Victoria. Il recommande aussi d’aménager un parc qui remplacerait le segment sud de la rue Université – une «Rambla, façon Barcelone» –, ainsi qu'un équipement collectif – un stade, un musée ou une grande salle de spectacle – à son extrémité sud. En ce qui concerne le développement immobilier, Projet Montréal plaide pour un «véritable projet d'aménagement urbain» dans les quartiers Faubourg des Récollets et Griffintown.
La Direction de santé publique de Montréal invite de son côté la SHM à tenir compte de l’ensemble des projets de développement des transports en cours dans la région montréalaise et de leurs impacts potentiels sur la santé. «Le statut du projet de SLR devrait être clarifié» avant d’aller de l’avant avec le corridor Dalhousie, juge la DSP.
«Dans ses principes et ses objectifs, le projet est fondamentalement un bon projet», estime le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), pour qui la façon d’intégrer le transport collectif dans le réaménagement constitue la principale source de questionnement. Au sujet du corridor Dalhousie, le RESO propose qu’un autre scénario, «plus cohérent avec le projet et comportant plusieurs avantages, soit étudié et évalué par le ministère des Transport du Québec et la SHM»: fermer les voies d’accès et de sortie du tunnel Ville-Marie et l’intégration des corridors réservés au transport collectif dans les voies du nouveau boulevard urbain.
Plutôt favorablement au projet, le CSSS du Sud-Ouest–Verdun émet des réserves, notamment en ce qui a trait à l’habitation. Il demande à la Ville de Montréal et aux arrondissements concernés de développer «une vision d’ensemble des grands chantiers en cours et à venir dans les secteurs voisins (Faubourg des Récollets et Griffintown), afin de planifier de façon plus cohérente l’inclusion et la localisation des logements sociaux et abordables».
(Photo d’archives)