PORSCHE PANAMERA
Porsche Panamera
De la classe à toute allure
Benoit Charette
Vous le savez, je suis un amateur d’histoire et pour la petite histoire, Ferry Porsche, le fils du fondateur de la marque, Ferdinand, était un homme de famille. Les employés lui avaient même fabriqué une version 928 à quatre portes pour pouvoir promener la famille. Donc Porsche serait particulièrement fière de cette première berline qui arrive à peine dix ans après une autre révolution qui avait ébranlée le monde des puristes, la Cayenne, devenue aujourd’hui un incontournable chez Porsche. La panamera tire son nom de la célèbre course Carrera Panaméricaine se déroulant en Amérique centrale, qui a sacrée championne de nombreuses Porsche.
Spacieuse et très luxueuse
Tous les designers vous le diront, innover dans le style en conservant l’héritage d’une marque est sans doute l’exercise le plus difficile dans le métier. Ainsi, ces derniers avaient la tâche, comme à chaque nouveau modèle de la famille Porsche, de créer une personnalité distincte, mais en gardant un lien de famille fort avec le patriarche de la famille, la 911. Je dois admettre que les premières photos m’avaient laissé sur mon appétit. L’allure de gruyère fondu au soleil et la morphologie de «petit gros» ne disait rien qui vaille. Mais, il faut avoir vu cette voiture en vrai pour apprécier le travail accompli. Les responsables de la conception ont habilement décliné le thème historique de la 911 sans sombrer dans le mauvais clonage. La voiture profite du concept de coupé-berline qui a si bien réussi à la Mercedes CLS et qui conserve une large cote d’amour auprès du publique automobile. Et pour ceux qui trouve encore cette voiture laide, rappelez-vous les critiques vitrioliques à propos de la Cayenne au moment de sa mise en marché. Il aura fallu que quelques mois pour que cet utilitaire prenne le marché d’assaut.
Un luxe inégalé
@R2 :Le luxe et la qualité d’exécution laisse sans voix. Solide et raffiner, l’intérieur semble s’inspirer du style Bauhaus qui marie si bien le courant moderne au sens de l’esthétique avec une qualité générale sans pareil chez Porsche à ce jour. À première vue surchargée avec ses 2 colonnes de boutons, la console centrale accueille le sélecteur de vitesse qui tient le premier rôle dans ce décor. Porsche a certainement pris note des critiques des propriétaires de voitures aux systèmes informatiques compliquées car ici une fonction = un bouton. Alors, malgré le grand nombre de boutons, on s’y retrouve rapidement. La vocation de sportive se poursuit même dans l’aménagement arrière du véhicule. Ici, pas de sièges moelleux dans le style limousine de la concurrence, la Panamera est une stricte 4 places. Ainsi devant comme derrière, chacun dispose d'un impressionnant siège très enveloppant mais néanmoins confortable, et reste donc à sa place quoi qu'il arrive. La modularité est même au rendez-vous - du jamais vu sur une GT ! - avec des dossiers de siège rabattables autorisant le chargement d’objets longs, et portant le volume du coffre de 445 à 1250 litres.
Des moteurs connus et peaufinés
L’offre de base, faute d’une meilleure expression, se présente sous la forme d’un V8 de 400 chevaux, emprunté au Cayenne puis revisité pour une opération plus en douceur. Il s'accouple à une transmission à roues motrices arrière (S) ou à une transmission intégrale, comme notre véhicule d’essai, qui permet une tenue de route très décente en hiver. Ceux qui veulent détruire l’égo des voitures exotiques qu’ils rencontreront sur leurs chemins peuvent opter pour la version Turbo et ses 500 chevaux qui imposent le respect. Il faut noter que le Cayenne offre aussi une version V6 de 300 chevaux qui pourrait devenir la version de base de la Panamera dans un proche avenir. Le Cayenne offre aussi une version Turbo S de 550 chevaux et même un hybride pour 2010, à suivre. Chose certaine, l’ajout d’injection directe dans notre V8 à l’essai ajoute une touche de raffinement et malgré le poids de la bête, le moteur prend vie lorsque le régime monte dans les tours. La boîte PDK séquentielle à sept rapports est d’une efficacité remarquable et séduit par sa capacité d’adaptation à toutes les conditions de conduite. Capable de tomber 4 rapports d'un coup en écrasant les gaz, elle sait aussi chasser le gaspillage en passant les rapports au plus tôt pour enrouler sur le couple en 6ème à 1 000 tr/min si vous voulez conduire tranquille. La boîte PDK est même accouplée à un système stop/start coupant le moteur au feu rouge. Une première sur un modèle de Grand Tourisme, qui se traduit par un gain de consommation de 1,4 l/100 km. De fait, notre version 4S s’est maintenue autour des 10 litres aux 100 km sur autoroute.
Conclusion
À défaut d'être légère et communicative, la Panamera a le don de faire oublier son encombrement mais aussi sa masse, en se plaçant toujours avec précision et agilité dans les virages. Sûre et diablement efficace avec sa transmission intégrale, elle étonne aussi par la puissance et l'endurance de son freinage carbone-céramique (en option) jamais à cours de ressources. Il ne faut pas se fier aux nombres de portes pour une sportive, la Panamera est une vraie Porsche et l’exemple même d’une GT dans toute sa splendeur. Avec une grande facilité de prise en main et son rapport confort/dynamisme inégalable, vous tomberez sous le charme.
Forces
Tenue de route sans faille,
Moteur très performant,
Boîte PDK ultra rapide,
Confort sans égal,
I@ST:nsonorisation,
Faiblesses
Tarifs élevés,
Options nombreuses et onéreuses,
Bruits moteur un peu trop aseptisé
Fiche technique
(S, 4S)
V8 4,8 l DACT, 400 ch à 6500 tr/min
Couple 369 lb-pi à 3500 tr/min
Transmission séquentielle à 7 rapports
0-100 km/h 5,2 s 4,8 sec (4S)
Vitesse maximale 283 km/h
Consommation (100 km) 13,4 l (octane 91)
(Turbo)
V8 4,8 l biturbo DACT, 500 ch à 6000 tr/min
Couple 516 lb-pi à 2250 tr/min
Transmission séquentielle à 7 rapports
0-100 km/h 4,0 s
Vitesse maximale 303 km/h
Consommation (100 km) 14,4 l (octane 91)
Autres composantes
Sécurité active freins ABS, répartition électronique de force de freinage, assistance au freinage, antipatinage, contrôle de stabilité électronique, capteurs de renversement
Suspension avant/arrière indépendante
Freins avant/arrière disques
Direction à crémaillère, assistée
Pneus S/4S : P245/50ZR18, Turbo P255/45ZR19 (av), P285/40R19 (ar)
Dimensions
Empattement 2920 mm
Longueur 4970 mm
Largeur 1931 mm
Hauteur 1418 mm
Poids S 1800 kg, S4 : 1860 kg, Turbo 1970 kg
Diamètre de braquage 11,9 m
Coffre 445 l, 432 l (turbo)
Réservoir de carburant 80 l 100 l (4S et Turbo)
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Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2010. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.