Coderre veut devenir chef libéral
Ce n'était pas assez de poignarder Michael Ignatieff dans le dos, maintenant Denis Coderre veut l'enterrer.
Coderre avait critiqué ouvertement son patron pour s’être entouré d'une gang de conseillers de Toronto. Il est sorti en claquant la porte, démissionnant de son poste d'organisateur en chef du Québec.
Ignatieff a répondu qu'il y aurait "des conséquences." Il avait raison. Sans Coderre pour organiser les élections complémentaires du 9 novembre, les libéraux ont mangé la claque aux urnes. Triste conséquence.
Ensuite Denis Coderre est allé dire à l'émission de Christiane Charette à Radio-Canada qu'il prendrait volontiers la job d'Ignatieff. "Je n'ai jamais caché que je voulais diriger la destinée de mon parti. . . . "
C’est normal pour un politicien qui a l'ambition comme Coderre, de rêver de devenir leader un jour. Mais quand on vient de faire un pied-de-nez à son boss, est-ce que c’est nécessaire d’en rajouter?
Mais Coderre a toutefois dit clairement qu'il appuyait et appuie toujours son patron. Avec des appuis comme ceux-là, Ignatieff n'a pas besoin de Stephen Harper.
Coderre s'est vanté d'être responsable du ménage qu'Ignatieff a fait dans son cabinet et de la venue de Peter Donolo, un ancien de Jean Chrétien.
Mais Coderre rêve en couleurs s'il pense que les libéraux le remercieront en le choisissant comme le prochain leader du parti.
C'est plus probable qu'ils se tournent vers quelqu'un d'autre qui n'a rien dit contre le chef.
Celui qu'on voit venir comme une locomotive de TGV est " le jeune " Trudeau.
Les indépendantistes québécois et les manges-canadiens ont raison de s’en méfier. Justin Trudeau est en train de prendre le Canada d’assaut.
Soir après soir, il prend la parole devant des salles combles de libéraux. Sa force est chez les jeunes. Les vieux viennent aussi pour le comparer à son père.
Mais cette même locomotive pourrait dérailler facilement. D’abord il est ‘vert’ et manque d’expérience politique, puis en dépit de son attrait populaire, Trudeau n'a pas le respect ni l'appui de ses pairs dans le caucus libéral. Ils le perçoivent comme trop jeune.
La ligue du vieux poêle du Parti libéral cherche un vieux bonhomme à leur image.
En politique, la sagesse est de ne pas refaire les erreurs du passé.