Le plein de watts, s'il vous plaît!
D'une semaine à l'autre, le prix de l'essence ne cesse d'augmenter. En un an, il a progressé d'environ 40% et tout indique qu'il faudra bientôt débourser 2$ le litre pour faire rouler sa voiture. Les gouvernements se disent impuissants à freiner cette hausse, mais je pense, au contraire, qu'ils peuvent initier des actions qui pourraient contrer les effets de ce vol collectif.
Le problème du coût élevé de l'essence n'est pas seulement québécois ou canadien; il affecte le monde entier. Même les gens trop pauvres pour s'acheter une voiture en font les frais, à cause du prix des denrées essentielles et du transport qui augmentent de façon vertigineuse.
Il est vrai que cette crise est universelle, mais je pense que le gouvernement du Québec pourrait plus facilement que d'autres prendre des initiatives susceptibles d'y apporter des solutions. Je n'arrive pas à comprendre qu'au royaume de l'électricité, on ne puisse exploiter davantage cette énergie pour alimenter les moteurs des véhicules. L'électricité peut mouvoir des locomotives, des grues, des tramways, mais on l'utilise peu pour mouvoir les camions et les automobiles.
Et pourtant, de tels véhicules existent déjà. Ne pourrait-on pas pour les améliorer, les perfectionner pour les rendre abordables à l'ensemble des usagers de la route. Du même coup, on combattrait efficacement un de nos plus grands fléaux: la pollution.
Ah oui, je sais: les batteries ont des capacités limitées et, chez nous, les distances sont longues... Mais l'essence aussi a une capacité limitée: quand le réservoir est vide, il faut le remplir. Ne serait-il pas possible de pouvoir échanger, à coût raisonnable, une batterie faible pour une batterie fraîchement rechargée, dans les stations-service? Ne pourrait-on pas standardiser le format de ces accumulateurs, de sorte que quelques modèles, disponibles un peu partout, suffiraient à répondre à tous les besoins? Et à son domicile comme dans les motels, en bordure des routes, on pourrait, bien sûr, procéder à une recharge conventionnelle, directement dans une prise de courant...
Je sais à l'avance que de savants experts trouveront vite de bons arguments pour condamner cette suggestion qui semble trop simple. Je souhaiterais, cependant, que ces mêmes experts consacrent autant d'efforts à trouver une réponse « électrique » au défi du carburant pour les véhicules-moteurs. Nos bons gouvernements n'hésitent pas à dépenser des dizaines de millions de dollars à faire siéger des commissions; ne pourraient-ils pas consacrer une somme aussi importante aux travaux d'un comité d'experts qui se pencheraient sur la création d'une vraie voiture électrique québécoise?
Cela peut prendre un certain temps, j'en conviens, mais en attendant, il serait utile d'encourager le marché des voitures hybrides en subventionnant substantiellement leur achat. On pourrait commencer par aider tous les propriétaires d'autos-taxis, étouffés par les coûts de l'essence, à remplacer leurs véhicules traditionnels. Et pourquoi ne pas mettre en place un réseau subventionné de « taxis collectifs », dans les secteurs où le transport en commun est déficient?
Ce ne sont que des suggestions que bien d'autres, avant moi, ont sans doute déjà exprimées. Il reste que la situation change et que ce qui était impensable, lorsque l'essence coûtait 0,40 le litre semble plus réaliste, alors qu'elle coûte quatre fois plus cher et que des millions de vies humaines sont menacées par la pollution qu'elle génère.