Les projets éoliens, un peu de discernement s.v.p.
En 2004, le gouvernement Charest lançait un appel d’offres pour le développement de 2000 MW d’énergie éolienne au Québec. À l’époque, les groupes écologistes et une grande partie de la population ont applaudi cette décision. Encore aujourd’hui, l’éolien demeure de loin la forme de production d’énergie préférée des Québécois.
En théorie donc, tout allait très bien…jusqu’à ce que certains projets se développent de façon chaotique, notamment dans le Bas-du-Fleuve, et créent beaucoup de remous.
Est-ce néanmoins une raison suffisante pour stopper le développement de l’éolien ?
Récemment, des citoyens à St-Jacques-le-Mineur en Montérégie ont manifesté leur mécontentement après avoir appris qu’un projet éolien allait peut-être s’implanter chez eux. Il est vrai que la municipalité aurait pu tenir des consultations publiques plus tôt dans le processus, mais contrairement à ce que certains affirment, la municipalité et la compagnie n’ont pas agi en « secret ». Toutes les résolutions adoptées concernant ce projet étaient d’ordre public.
Certains citoyens invoquent également les risques pour la santé et l’environnement. Je pense qu’il y a beaucoup d’exagération de ce côté-là.
Dans un rapport datant de 2006, l’Académie nationale de Médecine en France concluait que : « la production d'infrasons par les éoliennes est, à leur voisinage immédiat, bien analysée et très modérée : elle est sans danger pour l'homme ».
Du côté environnemental, l’éolien est reconnu mondialement comme l’une des façons de produire de l’énergie ayant le moins d’impacts sur l’environnement.
Enfin, de façon générale, si on se fiait aux détracteurs, toutes les éoliennes devraient être installées à la Baie James ou sur la Côte Nord. Avant d’accepter cette proposition, il faut en mesurer les impacts. Plus l’énergie est produite loin d’où elle est consommée, plus elle coûte cher puisqu’il faut la transporter sur des milliers de kilomètres. Est-ce que ces opposants sont prêts à accepter des hausses de tarifs d’Hydro-Québec?
Avec une moyenne annuelle d’environ 50 000 nouveaux projets domiciliaires depuis 2000, la consommation d’électricité des Québécois ne cesse de grimper. Nous devons miser plus sur l’efficacité énergétique, mais il faut voir la réalité en face : nous devons augmenter notre production d’énergie. Dans cette optique, l’éolien demeure, tant sur le plan environnemental que pour la santé, l’une des meilleures solutions que nous ayons.
En appui à Mme Lise Trottier
Josée CôtéArticle mis en ligne le 26 avril 2008
Je suis citoyenne de Saint-Jacques-le mineur et d'accord avec Mme Trottier. Si le projet éolien est accepté, les éoliennes seront installées à près de 750m de ma maison et ce sur de belles terres arables.
J'ai déjà fait des changements dans la vie de tous les jours pour protéger notre environnement et la planète, je ne suis pas"une pas dans ma cours".Les Québécois ne doivent plus se demander commemt produire plus d'énergie mais plutôt comment réduire leur consommation. Quand des efforts seront faits en ce sens, alors je dirai oui aux éoliennes mais JAMAIS sur de bonnes terres arables.Quand un pays ne peut plus nourrir sa population parcequ'il a négligé ou détruit ses terres agricoles, il devient vulnérable et dépend de l'importation alimentaire... ça fait peur.
Il est certain que le secteur agricole devra changer sa façon de faire. Ce n'est pas en séduisant les agriculteurs avec des redevances annuelles pour l'implantation d'éoliennes que nous nous dirigeons sur la bonne voie.
Actuellement à Saint-Jacques-le-mineur,le débat sur les éoliennes ne porte pas sur la protection de l'environnement ou un quelconque soucis de produire de l'énergie verte mais plutôt sur l'appât du gain pour une minorité de gens.Pour nos élus municipaux un des motifs principaux pour accepter l'implantation des éoliennes, sont les redevanceess non négligeables vercées à la municipalité par le promoteur InnergexII.
En terminant,le fait qu'Hydro-Québec distribution donne en sous-traitance le développement de l'éolien m'inquiète beaucoup.Le promoteur n'est pas là pour nous faire des cadeaux, ses projets doivent logiquement être rentables. Ça me désole déjà de savoir comment il s'y prennent pour s'implanter dans une municipalité. Où sont la démocratie et le procesus de consultation? Je souhaite que d'autres municipalités aprennent de notre expérience.
Josée Côté