Attirer les familles, vraiment ?
La Direction de santé publique s’interroge
La Direction de la santé publique de l’agence de la santé et des services sociaux de Montréal (DSP) a déposé un mémoire critique quant aux impacts sur la santé des futurs résidants d’un projet résidentiel tel que celui planifié dans le secteur Peel-Wellington du quartier Griffintown.
Le mémoire interroge principalement l’essence familiale du projet: «Va-t-on créer un vrai milieu de vie avec des espaces de jeux et un nombre de parcs suffisant?», a questionné le chercheur François Thérien, en écho au mémoire présenté par son organisme. «L’objectif de 10% d’espaces publics prévu dans le projet ne précise pas quel sera le pourcentage de parcs et d'espaces verts», illustre-t-il.
«Georges Bossé [consultant pour le promoteur du projet, <@Ri>Devimco<@$>] a mentionné lors des premières séances de consultations que le Projet Griffintown est entouré dans un rayon de 4 km d’écoles qui ont des places disponibles. Selon nous, ce n'est pas suffisant pour créer un vrai milieu de vie. Nous croyons qu’il faudrait plutôt construire des écoles parce que, 4 km, ça commence à faire loin», a poursuivi M. Thérien.
Dans son mémoire, la DSP constate que les nombreuses tours du projet constituent un défi important: «Les architectes vont devoir faire preuve de beaucoup d’imagination et peut-être modifier les hauteurs pour prévoir des niveaux variables, car ce n’est pas très réaliste de penser qu’un enfant qui habite au 18e étage va sortir pour aller jouer au parc», estime M. Thérien.
Environnement obésogène ?
Le représentant de la DSP a également évoqué les problèmes de manque d’activité physique que peut entraîner un mode de vie aussi urbain au sein de tours, rappelant au passage que 44% de la population montréalaise souffre d'embonpoint ou d’obésité, à la source de problèmes comme le diabète.
Dans son mémoire, la DSP a également jugé essentielle la présence d'un point de service du CSSS dans le projet, de même que des places en service de garde, notamment de CPE.
La DSP souhaite aussi la pérennité de l’accès aux logements abordables: «Il faut qu’il y ait des mécanismes pour assurer que ce ne soit pas seulement les premiers acheteurs qui en bénéficient», a indiqué M. Thérien.
Enfin, le représentant de l’agence gouvernementale a également souligné ses inquiétudes quant à la sécurité des déplacements dans le secteur et face aux îlots de chaleur urbains que le projet pourrait créer, causant une hausse de la mortalité des personnes fragiles durant les périodes de canicule. (M.H.)