Des créations inspirées des costumes traditionnels du monde arabe ont été présentées durant le dîner du Congrès islamique canadien vendredi dernier. (Photo Elyse Amend)
Hommage aux femmes
Repas du Congrès islamique canadien
L’acceptation et la solidarité étaient au menu du dîner organisé par le Congrès islamique canadien (CIC), en partenariat avec l’Association Al-Arabiya, pour célébrer la Journée internationale des femmes.
Tenue le 29 février au restaurant Nuits de Mosaïques à Cartierville, l’activité a été fréquentée par des femmes de toutes les couleurs et de tous les bagages de vie, venues pour célébrer leurs différences et ressemblances.
«Le Congrès islamique canadien voulait organiser cette journée pour rendre hommage aux femmes», a expliqué Dre Najat Boughaba, porte-parole du CIC au Québec et animatrice de l’événement. «L’objectif était réellement de se rencontrer et de discuter.»
Et c’est exactement ce qui s’est produit tout au long de cet après-midi ponctué de conversation et de mets exotiques.
Après avoir présenté les invitées – des politiciennes des trois paliers, des militantes, des bénévoles, des artistes et des intervenantes du milieu communautaire – Mme Boughaba a rappelé quelques événements marquants de la dernière année.
Ont été évoqués les collectes de sang d’Héma-Québec, la célébration du Mois de l’histoire des Noirs, la Commission Bouchard-Taylor à propos sur les accommodements raisonnables et la mémorable visite des femmes musulmanes à Hérouxville qui en a découlé. Le but de ces discussions? Construire des ponts entre les idées et amener les femmes présentes à apprendre les unes des autres.
Le voile questionné
Bien que l’activité était dédiée à la célébration de toutes les femmes, la question du foulard islamique, placé sur la sellette à la suite des épisodes d’Hérouxville et de la Commission Bouchard-Taylor, a été soulevée.
«Je sais que les femmes qui portent le foulard éprouvent des difficultés», a confié Samira Laouni, responsable de projets au CIC. «Mais toutes les femmes de toutes les sphères d’activité, de partout en éprouvent aussi, peu importe leurs convictions politiques, leur couleur, leur religion ou leur nationalité. Nous sommes toutes des femmes et nous devons nous élever au-delà de ces débats. Je suis personnellement prête à travailler avec toutes celles qui le désirent.»
La députée du Bloc Québécois dans Ahuntsic, Maria Mourani, a saisi l’opportunité de prendre la parole et s’est attaquée à la question des préjugés: «L’image de la femme musulmane la dépeint comme une victime. Nous devons briser ces stéréotypes généralisés. C’est à nous de changer cet ordre des choses. Nous devons amener les autres cultures à nous comprendre et travailler à les comprendre», a estimé Mme Mourani, ajoutant qu’il y a toujours du travail à faire pour atteindre l’égalité entre hommes et femmes.
En plus des présentations et des échanges qui ont ponctué le goûter, plusieurs invitées ont profité de l’occasion pour se faire maquiller les mains au henné, admirer des costumes traditionnels issus du monde arabe, de même que danser et rire.
«Je crois que ce que nous faisons aujourd’hui est très important», a indiqué Mme Souad Bounakhla, de l’Association Al-Arabiya. «Notre but est de démontrer notre présence et notre implication dans les enjeux qui touchent les femmes», a-t-elle conclu
(Traduit par Hugo Lemay)