Luisa et Josie DeMarte veulent que tous les préposés suivent la même formation, de façon à prévenir l'accident dont leur mère a été victime. (Photo: Martin Chamberland)
La formation des préposés aux bénéficiaires remise en cause
Décès d'une dame à la Résidence Yvon-Brunet après sa chute d'un lève-personne
Une formation déficiente d'une préposée aux bénéficiaires provenant d'une agence privée serait à l'origine du décès d'une patiente atteinte d'Alzheimer de la Résidence Yvon-Brunet qui est tombé d'un lève-personne dans sa chambre le 1er février 2007, soutiennent les deux filles de la victime qui ont récemment mis en demeure le CSSS du Sud-Ouest-Verdun à ce sujet.
«Seule une distraction ou une incompréhension du fonctionnement du lève-personne peut expliquer ce qui s'est produit», estime Luisa DeMarte, dont la mère Carmela Gioffrè DeMarte a succombé à ses blessures le jour même, à l'âge de 84 ans, à l'Hôpital Général de Montréal où elle avait été transportée au centre de traumatologie. Elle avait notamment subi des dommages neurologiques, des problèmes respiratoires, une fracture de la hanche et des entailles au menton et à l'œil lors de la chute, estimée entre cinq à six pieds.
Un rapport discutable
Le coroner Jacques Robinson indique, dans un rapport daté du 18 mai 2007, que la victime aurait glissé de la toile qui sert à la transporter et ensuite chuté. En ce sens, aucune accusation criminelle ne serait retenue contre la préposée. Pour prévenir ce genre d'incident, il a toutefois notamment recommandé que les préposés d'agences privées démontrent sur place leur habileté de manipuler un lève-personne.
Les sœurs DeMarte ne soutiennent aucunement la thèse de la glissade. «La toile était encore fixée au levier après la chute. De plus, cette même toile servait à transporter ma mère de son lit au fauteuil et même dans le bain. Elle était en parfait état et tenait la personne bien en place. Elle n'est pas censée glisser», assure Luisa.
Le rapport contient d'ailleurs des opinions qui contredisent la version de la préposée sur l'utilisation du levier lors de l'accident fatidique. Les courroies n'auraient pas été placées de façon sécuritaire et les pattes du levier n'étaient pas assez écartées, selon une employée. Un cadre aurait fait état que la toile n'avait pas été installée correctement.
Formation remise en cause
Par leur mise en demeure, que le CSSS a refilée à l'agence privée qui avait délégué la préposée, Luisa et sa sœur Josie DeMarte souhaitent que les préposés des agences privés suivent la même formation que les préposés réguliers.
«La question de la formation se pose quand on voit la présence de tant de préposés provenant d'agences privées même dans des établissements qui demandent autant de manipulation d'équipement pour les patients», estime Luisa. «Pour pouvoir faire le même job, il faut qu'ils reçoivent la même formation et qu'ils aient des mises à jour pour renouveler leurs compétences», ajoute Josie.
Quant au CSSS, la direction assure qu'elle n'émettra aucun commentaire tant que le dossier poursuivra son cours en justice.