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Décès du «Mozart» du jazz

Le géant Oscar Peterson s’est éteint la vieille de Noël dans son sommeil à sa résidence de Mississauga en Ontario

Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 27 décembre 2007 à 13:14
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Décès du «Mozart» du jazz
Reconnu pour sa grande dextérité et ses talents d'improvisateur, Oscar Peterson est considéré comme l'un des plus grands pianistes de jazz de tous les temps. Oscar Peterson
Décès du «Mozart» du jazz
Le géant Oscar Peterson s’est éteint la vieille de Noël dans son sommeil à sa résidence de Mississauga en Ontario
C'est un chemin inouï qu'Oscar Peterson aura parcouru, des ruelles du Sud-Ouest de Montréal, plus précisément de la Petite-Bourgogne, aux plus prestigieuses scènes de la planète. Fils d'immigrants antillais, c'est à force de détermination et de talent pur qu'il a réussi à s'élever au titre de plus grand musicien de jazz canadien de l'histoire.
Né en 1925, Oscar Peterson grandit en pleine dépression. Son père, Daniel, est porteur pour le Canadien Pacifique. Il inculque à ses cinq enfants - Oscar est l'avant-dernier - l'amour de la musique, du rythme et du jazz.

Bientôt, toute la famille forme un groupe qui se produit dans les églises et les centres communautaires de Montréal. Le petit Oscar est initialement affecté à la trompette, mais après une longue bataille contre la tuberculose, à l'âge de 8 ans, on doit lui attribuer un instrument moins éprouvant pour les poumons. Ce sera le piano.

Sa grande sœur Daisy lui en enseigne les rudiments et, par la suite, elle fera de même avec plusieurs autres jeunes du quartier, dont un certain Oliver Jones... Après elle, d'autres professeurs se chargeront de parfaire l’éducation musicale d’Oscar.

Survient alors une rencontre déterminante: un pianiste classique d'origine hongroise, Paul de Marky, lui enseignera, dans les mots d'Oscar, «la technique et les doigts rapides» et, plus important encore, l'aidera à croire en son talent exceptionnel.

C'est durant l'adolescence qu'Oscar Peterson entend pour la première fois le légendaire pianiste Art Tatum qui deviendra pour lui une source importante d'inspiration. Impressionné alors par la virtuosité de l'artiste, le jeune Oscar aurait cessé de jouer durant plus d'un mois.

Au cours de son adolescence, le jeune pianiste joue avec diverses formations, notamment le Johnny Holmes Orchestra. Il gagne d’ailleurs le premier prix lors d'un concours national organisé par la CBC en 1940.

En 1949, découvert par l'imprésario de jazz Norman Granz, il joint le Jazz at the Philharmonic. L'artiste se produit ensuite en trio avec le bassiste Ray Brown et les guitaristes Barney Kessel et Herb Ellis. Musicien prolifique, il enregistre au fil des ans une quantité impressionnante de disques et collabore avec les plus grands noms du jazz, parmi lesquels figurent Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Dizzy Gillespie, Count Basie, Nat King Cole, Louis Armstrong, Duke Ellington, Stan Getz et Charlie Parker.

À la suite de problèmes de santé, Oscar Peterson se retire de la scène en 1993. Sa carrière exceptionnelle aura été soulignée au cours de ces années par de nombreuses distinctions, dont le très prestigieux prix de musique de l'UNESCO, le prix Glenn-Gould, le prix Oscar-Peterson, créé en son honneur par le Festival international de jazz de Montréal, sept Grammy Awards et un Life Achievement Award.

Oscar Peterson
Oscar et Oliver: des destins liés
La réunion d'Oscar Peterson et d'Oliver Jones sur la scène de la Place des Arts, le 10 juillet 2004, était une sorte d'aboutissement logique pour deux musiciens de jazz aux destinées étonnamment liées. Il y a d’abord l'origine géographique - le même coin de la Petite-Bourgogne - et les origines ethniques, tous deux étant nés de parents d'origine antillaise anglophone. Les deux pianistes partagent également les mêmes influences stylistiques, sorte de mélange de swing et de be-bop. Puis, il y a les rapprochements humains : pendant plus de six ans, c'est Daisy Peterson, la sœur d'Oscar, qui enseigna le piano au jeune Oliver. Par la suite, leurs chemins se séparent, alors qu'Oscar déménage à Toronto et qu'Oliver s'expatrie à Porto Rico. C'est durant les années 80 que les deux hommes se croisèrent à nouveau, Jones allant même jusqu'à engager les musiciens de Peterson et à dédier des compositions à son mentor. Pas pour rien qu'on a déjà dit que s'il n'y avait pas eu d'Oscar, il n'y aurait pas eu d'Oliver...

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