Agrile du frêne
S'il prend les grands moyens pour combattre l'agrile du frêne sur le domaine public, l'arrondissement du Sud-Ouest se préoccupe également de la situation sur les terrains privés. Il a l'intention de se livrer à un travail d'information auprès des propriétaires.
© (Photo Arrondissement du Sud-Ouest)
En misant sur le traitement au biopesticide, l'arrondissement du Sud-Ouest espère que 75% de ses frênes seront encore là dans dix ans.
«On va commencer une campagne de sensibilisation cet été», indique le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais.
«On va faire un travail de porte à porte. On va effectuer un recensement», dit-il, mentionnant que l'on compte aussi utiliser les réseaux sociaux pour rejoindre les citoyens.
Ce travail va commencer dans le secteur le plus à risque: Émard–Saint-Paul, souligne M. Dorais. Rappelons que dans les quartiers Côte-Saint-Paul et Émard, 58% des arbres en bordure de rue sont des frênes.
Pour le maire, il faut que les citoyens soient informés, qu'ils soient conscientisés face à ce problème et qu'ils agissent.
Pas question de les forcer à intervenir et à traiter leurs arbres, mais pour Benoit Dorais, l'offensive doit, en toute logique, être concertée. L'administration municipale et les citoyens doivent lutter de front.
La prévention passe par un traitement au biopesticide. «Le vaccin, il vaut mieux le payer que d'avoir à couper un arbre», insiste le maire. Le traitement coûte environ 200$ alors que couper un frêne mature peut représenter une dépense de quelques milliers de dollars, fait-il remarquer. Comme on sait, l'arrondissement a lancé un appel d'offre de services afin de permettre aux citoyens qui le voudraient de traiter à moindre coût les frênes sur leur propriété. On devrait avoir des nouvelles à ce sujet d'ici la fin de l'été, indique M. Dorais.
Dépistage depuis 2011
L'arrondissement fait du dépistage depuis 2011, mentionne le maire, précisant que l'on a déjà effectué la géolocalisation de tous les frênes sur le domaine public.
L'agrile n'a pas fait son apparition dans le Sud-Ouest, mais l'insecte est présent dans les arrondissements qui l'entourent. Benoit Dorais se montre réaliste. «À un moment, de toute façon, on va avoir une infestation», dit-il.
Dans l'arrondissement, 20,6% des arbres sur le domaine public, excluant les boisés, sont des frênes. On en compte 5553 en bordure de rue et hors rue.
L'arrondissement a adopté un plan global de lutte sur le domaine public doté d'un budget de 1,4 M$ pour les quatre prochaines années. L'argent servira notamment à financer les activités de dépistage, le traitement au biopesticide, l’abattage et la plantation en vue de remplacer les arbres abattus.
Pour Benoit Dorais, il est essentiel de prévenir l'infestation. «Laisser faire, tout abattre, c'est le pire des scénarios», soutient-il. Selon les analyses financières effectuées en 2013 par l'arrondissement, «ne rien faire coûterait 15 M$ sur dix ans», explique-t-il. On parle des coûts d'abattage et ce, seulement pour les arbres sur rue et ceux dans les parcs. «Ça exclut la falaise Saint-Jacques et le parc Angrignon», note le maire.
L'arrondissement mise sur la vaccination. L'objectif : «Qu'au bout de dix ans on ait préservé 75% des frênes», espère Benoit Dorais.



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