Pour le geste qu’ils ont posé, Nathalie Koval, Éric Deschênes, Pierre Desrosiers, Daniel Himbeault, Steven Johnson, Yvon Lavigne, Mathieu Roy et Domenico Volpe ont été honorés par l’arrondissement lors de la séance du conseil du 2 février.
Ils n’oublieront jamais cette date du 21 décembre 2009. Il est environ 15h15. Il fait moins 10 degrés. Yvon Lavigne roule sur Saint-Patrick, non loin de la rue Eadie. Son collègue Mathieu Roy le suit. «Dans mon angle mort, j’ai vu du coin de l’œil quelque chose qui bougeait sur le canal», relate Yvon Lavigne. Il applique les freins et constate qu’il s’agit d’un homme transportant une porte. «Il était près de l’écluse. Il y a toujours du courant à cet endroit. La glace est mince, explique Yvon Lavigne. Je me suis dit, ça va casser, c’est sûr.»
Et effectivement, ça ne tarde pas. La glace cède. L’homme d’une trentaine d’années disparaît dans l’eau glacée. «Il essayait de sortir, mais la glace brisait. Il avançait en s’appuyant sur ses bras, mais ça cassait», relate M. Lavigne.
Sans tarder, Mathieu Roy lance un appel d’urgence sur les ondes radios. «Quelqu’un va se noyer!» Six employés municipaux qui se trouvent non loin de là convergent immédiatement vers la scène du drame. Ils aperçoivent le type au milieu du canal. «Il disparaissait sous l’eau, il ressortait, il disparaissait, il ressortait», se souvient Pierre Desrosiers.
Rapidement, Nathalie Koval s’empare d’un long râteau et s’avance sur la glace pour le tendre au malheureux. Mais la manœuvre échoue et la femme se retrouve elle-même dans l’eau jusqu’aux genoux.
On décide alors d’utiliser un boyau qui doit bien mesurer six ou sept mètres – assez long pour atteindre l’homme. Steven Johnson le lance. Un lancer parfait. «Le boyau s’est déroulé et l’extrémité s’est arrêtée à deux pouces de son nez», explique Yvon Lavigne.
Totalement frigorifié, l’homme tente de l’agripper, l’échappe une première fois, puis une deuxième. Finalement, il s’accroche. Les cols bleus le tirent près du bord. L’individu semble hors de danger. Mais voilà que la glace cède de nouveau sous son poids. Les secouristes forment rapidement une chaîne humaine afin de le hisser hors du canal.
Il aura fallu un beau travail d’équipe pour réussir le sauvetage. «Deux personnes n’auraient pas pu le sortir de l’eau», estime Domenico Volpe. «Nathalie a enlevé son manteau pour envelopper l’homme. Il était carrément gelé, en état de choc», se souvient Éric Deschênes. «Nous étions bien coordonnés. Ça c’est fait naturellement», analyse a posteriori Pierre Desrosiers. «C’était l’instinct», ajoute Yvon Lavigne.
Humbles, les cols bleus préfèrent parler d’un geste de civisme plutôt que d’un acte de bravoure. «On était là au bon moment, soupire Yvon Lavigne. C’est un beau geste. Je suis fier de nous.» «On a fait ce qu’on devait faire», confie Éric Deschênes. «Un concours de circonstances a fait que ç’a bien tourné, se réjouit Pierre Desrosiers. On a fait une différence.»
Des employés de l’arrondissement sauvent un homme de la noyade
«Ugence! Urgence! Urgence!» Sur le point de terminer leur quart de travail, des cols bleus de l’arrondissement du Sud-Ouest rentraient au clos de voirie, sur la rue Eadie, quand l’appel a retenti dans l’appareil radio. Un homme se noyait dans le canal de Lachine. L’intervention rapide de huit employés a permis de le sauver.
-
Coter
- Haut de page
Écrire un commentaire
Écrire les caractères ci-dessus dans ce champs





