J’ai un faible pour le vin rouge. Je ne peux m’imaginer devoir m’en passer lors de la dégustation d’un bon fromage, ou pendant un souper animé entre amis. Et lorsque j’ai appris la nouvelle de la fermeture prochaine de ma SAQ, j’ai ressenti comme un grand besoin de m’en déboucher une…
Notre SAQ était un commerce parfaitement rentable, bénéficiant d’un chiffre d’affaires qui frôlait les deux millions par année. Cela n’a pas empêché ses administrateurs de la rayer de la carte, «rationalisation» oblige. Évidemment, ils savent très bien que nous finirons par nous rendre dans une autre succursale – fâchés ou non, peu leur importe – dépenser nos deux millions l’an prochain.
Et tant pis si sa simple existence à Pointe-Saint-Charles servait à démontrer qu’un commerce viable peut exister sur la rue Centre – cette artère que l’on prétend vouloir revitaliser et qui est loin d’être le reflet d’une ville vivante, dynamique et visionnaire. Sous peu, la seule vision à laquelle nous aurons droit à la sortie du métro Charlevoix est celle d’un énième trou béant.
La SAQ devrait se démarquer des entreprises privées en démontrant qu’elle est le moindrement soucieuse de la population qu’elle dessert. Les profits annuels de ma succursale devraient suffire pour justifier le maintien de ce service de proximité, convivial et personnalisé. N’importe quel autre commerce se satisferait de son chiffre d’affaires, sachant qu’un autre lui ravirait ses profits s’il décidait de fermer ses portes. Mais la SAQ sait très bien qu’aucun autre vendeur de vin ne viendra jamais s’installer à sa place, pour les raisons que l’on sait.
Pour ma part, j’essaie de voir comment faire pour me sevrer de la SAQ. Mes options se résument à boire de la bière (bof), me rabattre sur la piquette du dépanneur (non merci), acheter du raisin et m’improviser vigneronne (je crains déjà le résultat), ou encore l’abstinence totale (sans commentaires). Je me demande bien quel serait le «choix du conseiller»?
Céline Bianchi Résidente de Pointe-Saint-Charles



