M. Jean Charest, premier ministre du Québec
M. Sam Hamad, ministre des Transports
M. Raymond Bachand, ministre responsable de la région de Montréal
En tant que résidant de l’arrondissement du Sud-Ouest qui sera directement affecté par les travaux de réfection de l’échangeur Turcot et, surtout, par les retombées négatives de sa nouvelle mouture, notamment sur ma santé et celle de mes voisins, j’aimerais exprimer par la présente ma déception devant l’absence de signe de progrès allant dans la direction d’une réduction de la capacité routière de l’échangeur. Aussi, je vous signale un article paru ce matin [7 février] dans Le Devoir intitulé Le coeur malade de la pollution et la nourriture industrielle.
Cet article fait état des conclusions d'un cardiologue de la faculté de médecine de l'Université de Montréal sur les effets néfastes de la pollution sur la santé du coeur. Il insiste [...] sur le fait que l'on a complètement oublié la raison pour laquelle la fréquence de ces maladies avait explosé durant la première moitié du XXe siècle. «Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour réaliser le rôle prépondérant de l'environnement, en l'occurrence de la pollution atmosphérique [...], qui amplifie les facteurs de risque classiques». [...] C'est ainsi que des pays, qui ont connu une forte industrialisation au cours des cinquante dernières années, comme l'Inde et la Chine, ont été du même coup frappés par une explosion des MCV.
«En devenant la nouvelle usine planétaire qui fonctionne principalement au charbon, la Chine a vu la mortalité cardiovasculaire quadrupler sur son territoire entre 1950 et 2000.»
Le Dr Reeves [à l'instar des citoyens du Sud-Ouest] rêve de villes vertes et sans pollution, à l'image de Zermatt en Suisse. «À Zermatt, pas une voiture n'entre en ville. On accède en train au centre-ville, où on circule en voiture électrique, à vélo ou à cheval. On n'y respire pas une once de gaz d'échappement. Genève aussi est une ville «cardio-environnementale». Tout y est vert, électrique et piétonnier. Et pourtant, nous n'avons pas l'impression que le transport en commun, c'est pour les pauvres. À Genève habite une population très prospère qui a recours au transport collectif parce que c'est facile et agréable. Réussite économique et environnement sain et agréable ne sont pas incompatibles, déclare le Dr Reeves avant de citer aussi les exemples de Strasbourg, de Stockholm et de Brasília en Amérique du Sud.
Il nous reste encore du temps pour améliorer considérablement le projet
Turcot en mettant en place de véritables mesures d'augmentation significative de l'offre de transport en commun et alternatif et, surtout dans l'esprit de l'article cité ci-haut, diminuer la capacité routière de l'échangeur. Et ce, pour diminuer la pollution atmosphérique au bénéfice de la santé des citoyens du secteur et de la ville.
Éric Lemieux Montréal, le 8 février 2011




