En tant que Canadienne, je suis complètement mystifiée par l’emprise qu’exerce cette culture des armes sur les Américains.
Ce que propose le président Obama est ce que les Québécois appelleraient «du gros bon sens». Des choses qui auraient dû depuis longtemps être réglées font encore l’objet de débats. Son plan en 23 mesures implique entre autres des contrôles sur les antécédents des acheteurs de toutes armes (selon un sondage, neuf propriétaires d’armes sur dix appuient cette politique), l’interdiction de vente d’armes de type militaire, une sécurité accrue dans les écoles et un meilleur accès à des soins psychiatriques.
Obama a présenté ce plan comme étant une question de gros bon sens et pourtant, le débat fait toujours rage dans ce pays qui s’est convaincu que le fait de pouvoir posséder des armes était non négociable et ne devrait jamais être remis en question.
La critique la plus fréquente que je rencontre chez mes amis américains est qu’aucune mesure ne suffira pour empêcher quiconque qui veut faire du mal de se procurer des armes volées ou non enregistrées. Je ne comprends pas cette logique. Les Américains ne devraient-ils pas trouver des raisons pour que de telles mesures fonctionnent, plutôt que de se convaincre du contraire?
L’ex-premier ministre de l’Australie, John Howard (1996 à 2007), a écrit une fracassante lettre au New York Times expliquant jusqu’à quel point sa réforme quant au contrôle des armes avait fait chuter le nombre d’homicides et de suicides en Australie. «Il est plus facile de tuer dix personnes avec un fusil qu’avec un couteau», écrit-il.
Les Américains ne devraient-ils pas trouver des raisons pour que de telles mesures fonctionnent, plutôt que de se convaincre du contraire? -
Il n’y a pas eu un seul meurtre de masse en Australie depuis 1996.
Ce n’est pas une histoire de contrôle des armes, il s’agit de limiter l’accessibilité aux armes à feu aux détraqués et aux criminels.
Je ne comprends pas ce que c’est que de vouloir posséder une arme, vouloir en porter une ou vouloir en utiliser. C’est un concept qui m’est complètement étranger et pour beaucoup de Canadiens, ce l’est également. Ce n’est pas une question de supériorité morale de ma part. Si j’étais née dans un pays où la culture des armes est bien présente, je penserais peut-être autrement. Mais ce n’est pas mon cas.
Tout ce que je sais, c’est que les Américains ont besoin de se regarder dans le miroir maintenant et de se demander si leurs politiques actuelles concernant les armes à feu les servent bien. S’ils font l’analyse objective des statistiques, des récentes fusillades et des massacres qui ont eu lieu dernièrement, je crois bien qu’ils comprendront que des changements sont nécessaires.
Au moins faudrait-il d’abord que la volonté de changer les choses y soit.




