Aucune relation n’est plus complexe, intime, affectueuse et frustrante que celle que l’on entretient avec sa mère.
Oscar Wilde a déjà écrit : «Toutes les femmes deviennent comme leur mère - c'est leur tragédie. Aucun homme ne le fait. C'est la sienne».
Il n’y a pas plus grave insulte à dire à un homme que de le traiter de «p’tit gars à moman» et lorsqu’un homme déclare à sa conjointe, dans un excès de colère, qu’elle devient comme sa mère, c’est considéré comme un coup bas.
Lorsque Norman Bates dans le drame de Hitchcock déclare que la meilleure amie d’un garçon est sa mère, cela fait froid dans le dos.
Enfin, la phrase fétiche de tout bon psychothérapeute est probablement : «Parlez-moi un peu de votre mère…».
Mais il n’y pas que du négatif dans tout cela : la romancière britannique George Eliot a déjà écrit : «La vie débuta en m’éveillant et en aimant le visage de ma mère».
Avec l’arrivée imminente de la Fête des mères, dimanche prochain, les journaux et magazines pullulent déjà de suggestions de cadeaux (ou plutôt de publicités!). Ces suggestions sont souvent commerciales et sans originalité, mais les sentiments, eux, sont sincères.
Le clou de cette fête est probablement les cadeaux confectionnés par les enfants eux-mêmes pour leur mère; toute une gamme de bricoles, allant du cendrier en céramique amateur à la boîte de bijoux en bâtons de «popsicle»; des cadeaux rudimentaires, sans envergure et – disons-le franchement – souvent horribles. Une carte de souhaits arborant un tonitruant «Je t’aime maman» en lettrages surdimensionnés et fluorescents complètera le tout. Et des mères faussement admiratives s’extasieront devant ces œuvres d’art…
Mais encore aujourd’hui, fouillez dans les tiroirs de vos mères et vous retrouverez ces cadeaux précieux, préservés avec soin. Cela rappelle l’époque où vos petits bras d’enfants entouraient le cou de votre mère pour y trouver réconfort. Une époque où votre mère ne pouvait être dans l’erreur et où elle était votre héroïne.
Quand les enfants deviennent des ados, cette magie est momentanément brisée. Les mères deviennent alors exaspérantes, insupportables et négatives.
Mais, tout à coup, quand ces adolescents deviennent adultes, ils se rendent compte que leurs mères sont encore leurs héroïnes, leurs grandes défenderesses et leurs plus grands fans.
Alors que dimanche approche, l’on se demande tous quel pourrait être le cadeau idéal pour témoigner notre affection à notre mère? Comment rembourser quelqu’un qui nous a mis au monde, a embrassé nos bobos, a soigné nos genoux éraflés, a préparé mille repas pour nous, nous a servi de chauffeur pour nos entraînements sportifs, nos fêtes d’enfants et nos rendez-vous chez le médecin, sans compter les multiples sessions de magasinage? Comment remettre le juste dû à quelqu’un qui nous a élevé et permis de faire face au monde extérieur avec autonomie et confiance pour devenir enfin quelqu’un de sensible et de respectueux envers ses semblables?
Quel cadeau peut convenir à quelqu’un qui ne souhaite rien d’autre que notre bonheur?
La femme de lettres Elizabeth Stone a déjà écrit : «Prendre la décision de mettre au monde un enfant est capital. C’est de voir éternellement votre cœur se promener à l’extérieur de votre corps.» Comme cette déclaration est éloquente!
Joyeuse fête à toutes les mamans!



