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N’est-il pas temps de placer la barre à un niveau un peu plus haut?

Toula Foscolos w-e

Toula Foscolos w-e

Publié le 10 Avril 2012
Publié le 10 Avril 2012
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Le Messager Week-End

Le récent rapport publié par le magazine L’Actualité sur le statut précaire du français à Montréal a généré, comme prévu, de vives réactions des deux côtés de la barrière linguistique. Je suis même surprise que la grenouille illustrée sur la page couverture du magazine n’ait pas plutôt été représentée crucifiée…

Sujets :
The Gazette , Parti québécois , Québec

Les défenseurs de la langue française se sont aussitôt emparés du sondage et ont interprété les statistiques à leur guise, prouvant encore une fois la justesse de l’expression selon laquelle l’ivrogne utilise davantage le lampadaire comme support plutôt que pour être éclairé. Le chroniqueur de The Gazette, Don MacPherson, a signé un papier cinglant à ce sujet tout en se lançant dans une querelle ridicule via Twitter avec Jean-François Lisée lui-même, l’auteur du sondage.

Loin de moi l’idée de défendre MacPherson que je trouve souvent aussi indigeste et contreproductif que Lisée et Dutrizac par ses réactions exagérées, mais j’avoue que ses accusations à l’effet que Lisée est intellectuellement malhonnête sont plutôt justes.    

Il est en effet douteux de créer un sondage, d’en rédiger les questions et d’interpréter ensuite les réponses après les avoir compilées soi-même, pour aller ensuite conseiller le parti politique qui tire directement profit du sondage en question. Il est malhonnête de publier des résultats de sondage dans un magazine en se présentant comme journaliste, alors que, dans les faits, on est membre en règle du Parti québécois en tant que conseiller. Cela remet tout à fait en question la méthodologie utilisée et oui… les résultats obtenus.

Même si je suis en accord avec certains arguments de Lisée – notamment sur la présence d’unilingues anglophones montréalais; une réalité qui les désavantage eux-mêmes selon moi – ses tactiques dénonciatrices me fatiguent à la longue. Il est temps de cesser de tourner en rond et de se poser les vraies questions. Celine Cooper a écrit dans la Gazette une excellente analyse sur ce sondage, tout comme d’ailleurs Pierre Duhamel de L’Actualité. Pourquoi ne pas laisser plus de place à ces gens plutôt qu’aux mêmes vieux ténors qui s’acharnent sans cesse sur leurs mêmes obsessions? N’est-il pas temps de placer la barre un peu plus haut?

Le problème avec la ghettoïsation linguistique c’est qu’elle crée un vacuum exempt de compromis, de respect et d’empathie entre les deux parties. -

Je trouve aberrant d'être sans cesse obligée chaque semaine de réclamer de la part des autres plus de modération, tant sur le plan personnel que professionnel, parce que je refuse, comme le dit si bien l’auteure Linda Leith, «de tirer une autre salve de coups de canon sur la poudrière linguistique».

Le problème avec la ghettoïsation linguistique c’est qu’elle crée un vacuum exempt de compromis, de respect et d’empathie entre les deux parties.

Étant moi-même allophone et ayant passé une bonne partie de ma vie à l’étranger, je suis parfois bouleversée par le débat linguistique qui fait rage ici. Mon objectivité et mon détachement me permettent cependant de ne pas tomber dans les excès de langage. Je ne prétends pas être plus évoluée que les autres; je dis simplement que je suis moins impulsive.

La prochaine fois que vous parcourrez un sondage douteux, une chronique pernicieuse ou une déclaration agressive (dans quelque langue que ce soit), arrêtez-vous quelques instants et évaluez quel effet cela a sur vous. Puis demandez-vous la chose suivante : qui tire bénéfice de mon indignation?

«Tout le monde en parle» pour les anglos

Un blogueur anglophone, Tim FitzGerald, a récemment eu l’idée géniale de mettre en ligne un résumé, doublé d’une mise en contexte détaillée, des différentes émissions et invités de «Tout le monde en parle» pour permettre aux anglophones qui ne suivent pas l’émission de mieux comprendre le Québec.

Puisque TLMEP est visionné par près de deux millions de téléspectateurs, soit le quart de la population du Québec, le blogueur considère que cela en fait le parfait miroir du Québec d’aujourd’hui. Le blogue s’intitule «Fini les solitudes». http://finilessolitudes.blogspot.com

 

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