Je ne me prononcerai pas sur Invisible Children ou sur son cofondateur, Jason Russell, qui au déplaisir des uns et au ravissement des autres, a réussi à se faire arrêter par les forces de l’ordre, avant Kony. Ce qui mérite cependant un commentaire de ma part est le formidable impact médiatique d’IC et de ses supporteurs.
Mais dès le lancement de la vidéo du groupe de pression, des articles la tournant en dérision ont commencé à circuler. On y parlait de propagande malicieuse, simpliste et erronée.
Kony2012 est un documentaire résolument sophistiqué qui ressemble à ce qu’une agence publicitaire pourrait produire et que plusieurs ont trouvé émouvant. D’autres l’ont par contre qualifié de banal, sentimental, lourd et de pur produit du «complexe de l’Homme blanc». Plusieurs l’ont même sarcastiquement réintitulé : «Le seigneur de la guerre contre les hipsters».
Les gens ont le droit de se poser des questions; surtout lorsqu’on leur demande de l’aide financière et leur appui politique. Mais j’ai peine à comprendre cet acharnement abusif sur ce documentaire.
Que vous supportiez ou non Invisible Children, vous ne pouvez nier le fait que cette organisation ait réussi à faire braquer tous les projecteurs sur un pays qui attire rarement l’attention des médias. Combien d’entre nous connaissaient l’existence même de Kony et de ses viles pratiques, avant le visionnement de cette vidéo?
Alex Perry du magazine Time a écrit qu’Invisible Children a réussi à mettre sur pied l’une des plus grosses campagnes de sensibilisation de tous les temps qui s’est traduite par des pressions politiques amenant le Congrès américain à voter une loi réclamant du président des États-Unis des actions contre la L.R.A.
Peu importe si Jason Russell a été appréhendé par la police, à moitié nu, à Los Angeles, en pleine crise psychotique, Kony demeure un psychopathe et est un problème qui doit être réglé. -
Je sais fort bien que la situation politique en Afrique subsaharienne est complexe et oui, porter un bracelet n’empêchera aucun crime d’être commis et oui, cliquer sur l’onglet «J’aime» sur une page Facebook n’y changera pas grand-chose. Je pense que les gens savent déjà ça.
Je suis convaincue qu’il existe d’autres moyens plus efficaces d’aider l’Ouganda, notamment en réévaluant la politique étrangère américaine qui joue un rôle de premier plan dans ses élections.
Peu importe si le message d’IC est simpliste, peu importe si Joseph Kony n’est plus en Ouganda, peu importe si Jason Russell a été appréhendé par la police, à moitié nu, à Los Angeles, en pleine crise psychotique, peu importe s’il est un homosexuel encore dans le placard, comme certains le prétendent… Kony demeure un psychopathe et la L.R.A. est un problème qui doit être réglé.
Ce n’est pas parce que vous êtes un étudiant issu d’un milieu aisé qui veut faire sa part, que vous êtes nécessairement un «hipster» naïf qui se prend pour le sauveur du monde. Ce jugement est aussi arrogant que le fait de croire que l’on puisse résoudre les problèmes de l’Afrique en 30 minutes de vidéo.
Peu importe ce que les détracteurs de cette campagne pensent, l’information est la clé de voûte de notre époque et elle PEUT provoquer des changements. Et cela se ressent déjà…




