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La foi, la peur et le doute

Toula Foscolos w-e

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Publié le 27 Février 2012
Publié le 27 Février 2012
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Le Magazine de L'île des Soeurs

Malcolm Forbes a déjà dit : «Le but de l’éducation est de remplacer un esprit vide par un esprit ouvert». Une telle ouverture d’esprit n’existe certes pas chez ce couple de Drummondville qui tentait désespérément d’exempter leur enfant du cours d’éthique et de culture religieuse instauré par le ministère québécois de l'Éducation en 2008.

Sujets :
Québec

«Suggérer que le fait même d'exposer des enfants à différents faits religieux porte atteinte à la liberté de religion de ceux-ci ou de leurs parents, revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne et méconnaître les obligations de l'État québécois en matière d'éducation publique», a statué la juge Marie Deschamps. Bien dit.

Le fait que des parents paniquent à l’idée que leur enfant soit exposé à d’autres croyances religieuses est un rejet direct du multiculturalisme canadien. Depuis quand le fait d’être en contact avec des valeurs différentes des nôtres est une menace en soi?

Le fanatisme religieux, qu’il soit issu de la pensée talibane ou évangéliste, ou de quelle qu’autre orthodoxie, par définition soutient que ses principes moraux sont les bons et que ceux des autres sont erronés, et luttera toujours jusqu’au bout pour empêcher ses enfants de développer une pensée qui leur est propre. Parce que la pensée critique ne fait tout simplement pas partie des schèmes de base du fanatisme religieux.

Le fanatisme, au contraire, ne tolère pas les remises en question. Ces deux concepts sont donc d’emblée irréconciliables. -

Et c’est bien là le cœur du problème. Une pédagogie supérieure doit encourager les jeunes à développer un esprit critique, indépendant et sceptique et doit les amener à ne pas gober tout ce qui leur est présenté, sans réfléchir. Le fanatisme, au contraire, ne tolère pas les remises en question. Ces deux concepts sont donc d’emblée irréconciliables.

Par contre, si le Québec veut développer un esprit de tolérance entre les diverses cultures et religions, ce type d’enseignement doit débuter le plus tôt possible dans la vie de l’enfant et ce, dès l’école primaire.

En bout de ligne, ce malaise profond ressenti par certains d’entre nous face aux cours d’éthique et de culture religieuse n’était-il pas le signe d’une certaine hypocrisie? La peur n’est-elle pas le réflexe primaire du doute?

Si vos valeurs sont incapables de résister à une certaine remise en question, à des débats de société ou à des comparaisons avec d’autres systèmes de  pensée, quelles forces les valeurs que vous défendez auprès de vos enfants ont-elles réellement?

Que vous vous rendiez à l’église, dans une mosquée, une synagogue ou au temple, vos enfants auront de toute façon à vivre dans une société de plus en plus multiculturelle.

L’éducation ne fait pas reculer la foi, elle fait reculer les préjugés et les malentendus.

 

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Michel THYS
    - 27 Février 2012 à 15:04:01

    Merci à Toula FOSCOLOS pour cet article lucide. Les parents de Drummonville, et quelques autres, paniquent rien qu'à l'idée que leur enfant soit "exposé à différents faits religieux". Que serait-ce s'il devait découvrir de surcroît les différentes options non confessionnelles ! Il n'est même plus question, dans ce cours d'ECR, de faire découvrir aussi des "conceptions de vie autres que religieuses", comme prévu initialement : même la notion d'athéisme, abomination suprême, a été expurgée ... ! Mais je comprends l'incapacité de ces parents, a priori sincères et de "bonne foi", à ne pas évoluer dans leurs conceptions, au risque de se déstabiliser dans leurs certitudes. Je me l'explique à la lumière des observations relatives à l'origine exclusivement psychologique, éducative et culturelle de la foi, ainsi qu'à son imprégnation précoce dans le cerveau émotionnel, puis rationnel. Comme l'a écrit le neurobiologiste Henri LABORIT : "Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change" (dernière phrase du film, Mon oncle d'Amérique 1980, écrit par Alain Resnais). Et surtout dans « Eloge de la Fuite », page 59 : « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais », ou encore,  (répondant à Jacques Languirand, à Radio Canada) : « Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ». Certes, les parents croyants auront toujours légalement le droit, légitime et constitutionnel, d’imposer unilatéralement leur religion à leurs enfants. Mais moralement ? A notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, je crains en effet que cela ne favorise pas leur intégration à la modernité : privilégier la culture québécoise et la religion catholique ne peut, selon moi, que favoriser le repli identitaire, le communautarisme et donc l’intolérance. Il importait au contraire que l’école compense les influences religieuses familiales et traditionnelles, certes légitimes mais unilatérales, et que l’Etat, qui a la responsabilité de l’émancipation et de l’épanouissement de tous, ait rendu ce cours obligatoire. Il le fallait : la « liberté de conscience et de religion » n’a évidemment de sens que si un choix est possible entre différentes religions, et surtout entre la croyance et l’incroyance. Or ce choix est actuellement compromis du fait que toute alternative, religieuse et surtout laïque, est occultée, à des degrés divers par l’éducation religieuse. Forcément affective, elle anesthésie généralement l’esprit crique ultérieur, dès qu’il est question de religion, ce qui empêche un choix en connaissance de cause et aussi librement et tardivement que possible. La culture générale implique un minimum de culture religieuse, notamment artistique, mais aussi de culture laïque et humaniste. Dans un souci de neutralité et afin de réduire les inégalités socioculturelles, l’école, via un cours d’ECR amélioré, devrait donc compenser l’influence des parents et celle d’un milieu culturel unilatéral, par une DOUBLE information minimale, objective et non prosélyte : d’une part, au cours d'histoire, ou lors d’un cours de philosophie, sur le « fait religieux » , sans occulter ce que toutes les religions ont en commun, à des degrés divers : la soumission, ET d’autre part, sur le « fait laïque » (l’humanisme laïque, ses principes de libre examen, d’esprit critique, d’autonomie et de responsabilité individuelle, ses valeurs "universalisables" puisque bénéfiques à tous, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant , ses options, ses objectifs, la liberté de pensée, la spiritualité laïque, …). http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

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    • Nom de l\'usager
      Françoise D.
      - 27 Février 2012 à 13:13:42

      « L’éducation ne fait pas reculer la foi, elle fait reculer les préjugés et les malentendus.» C'est du grand n'importe quoi. Tout dépend de l'éducation, une éducation relativiste ("Inventez votre propre religion" comme on le demande aux élèves ECR) fait reculez la foi. Et qui êtes-vous pour décider à la place des parents ? Vous connaissez les enfants ? Le professeur ? L'École ? Pourquoi pontifier ainsi? Quelle menace représente ces parents ? Pour un autre son de cloche : http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2012/02/ou-parent-qui-est-le-premier-educateur.html

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      • Nom de l\'usager
        Luc Zwingli
        - 27 Février 2012 à 12:52:37

        Eh, hop à nouveau l'arrogance, la morgue et l'ignorance. Vous ne SAVEZ absolument rien de ce couple de parents. Vous ne faites que colportez des préjugés.

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