Aux critiques arguant que de tels pouvoirs porteraient atteinte à la vie privée des citoyens, le ministre Toews a rétorqué :«vous êtes avec le gouvernement ou avec les pédophiles».
Heu… Y a-t-il une troisième option de disponible SVP ?...
Le problème c’est qu’à chaque fois que le gouvernement vous dit que vous devriez avoir peur de quelque chose, c’est pour obtenir davantage de pouvoirs et empiéter un peu plus sur vos droits. Après tout, quelle importance cela peut-il avoir si la police peut lire nos courriels et suivre une conversation par textos, si tout cela est pour le bien des enfants? Êtes-vous sans-cœur au point de vouloir entraver des enquêtes policières qui pourraient mener à l’arrestation de pédophiles?
Et voilà comment toute l’affaire se joue…
Le classique discours alarmiste du bon vieux temps de George W.Bush qui procéda de la même façon pour violer les libertés individuelles par le biais du Patriot Act.
La vérité est que ni le gouvernement ni les forces de l’ordre n’ont pu prouver l’inefficacité de la loi actuelle qui oblige la police à procéder par mandats, estime le Dr. Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa.
Dans le cadre de la loi actuelle, la police ontarienne a arrêté 60 hommes soupçonnés de pédophilie après avoir obtenu leurs adresses IP d’ordinateurs. Des arrestations de terroristes torontois ont aussi eu lieu en identifiant leurs ordinateurs, toujours avec la même loi, renchérit Geist.
Ce que je trouve de très perturbant dans cette toute nouvelle législation est jusqu’à quel point il sera facile pour la police d’écouter toutes les conversations par téléphones portables – disons lors d’une manif contre le G-20 – sans mandat de la Cour.
Il y a quelque chose là-dedans de tellement anti-canadien et digne d’un état policier. Mais ce qui m’indigne le plus est que l’on soit si peu à en être indignés.
Je n’ai rien contre le fait d’attraper des «méchants», mais pas au prix de ma liberté et de mes droits fondamentaux. -
Je soupçonne que l’on se dit à propos de lois qui ne nous concernent pas vraiment personnellement : «mieux vaut prévenir que guérir». Si ça ne nous touche pas directement, pourquoi donc s’en faire; pas vrai? Faux.
Les tenants de cette nouvelle législation estiment que cela aidera les forces de l’ordre à obtenir plus facilement de l’information. Mais quel juge s’opposerait donc à émettre un mandat de perquisition si ce dernier est vraiment nécessaire? S’il devait s’y objecter, c’est aux forces de l’ordre de prouver le bien-fondé de leur démarche.
Peut-être devrait-on exiger de meilleures preuves plutôt que renforcer les pouvoirs de la police?
Pourquoi ce gouvernement devrait-il empiéter sur ma vie privée alors qu’il vient lui-même d’abolir le registre des armes à feu justement parce qu’il portait atteinte aux libertés individuelles?
Je n’ai rien contre le fait d’attraper des «méchants», mais pas au prix de ma liberté et de mes droits fondamentaux. L’Histoire a prouvé des tas de fois que l’équilibre des pouvoirs est encore ce qu’il y a de mieux. Je ne suis pas du genre à accepter aveuglément toute notion de pouvoirs illimités sous prétexte que l’on «doit être plus durs envers les criminels».
Améliorez le système actuel. Si l’obtention d’un mandat de perquisition est une procédure trop lente, débarrassez-vous des tracasseries administratives, augmentez le nombre de juges… mais ne portez pas atteinte à nos libertés.
C’est Benjamin Franklin qui déclarait en 1759: «Ceux qui désirent abandonner la liberté pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni l'une ni l'autre.»




