La députée sortante et candidate du Parti libéral, Marguerite Blais, obtient un troisième mandat dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne. Elle a été réélue avec une majorité de 2306 voix sur la candidate du Parti québécois, Sophie Stanké.
La libérale a obtenu l'appui de 13 893 électeurs contre 11 587 pour la péquiste.
Le candidat de la Coalition avenir Québec, Joakim Beaupré, est arrivé troisième avec 5573 voix, devançant Nicolas Boisclair, candidat de Québec solidaire, qui a obtenu 4084 voix.
Du côté d'Option nationale, 827 électeurs ont voté pour Luc Lefebvre tandis que le candidat du Parti unité nationale, Andrzej Jastrzebski, a recueilli 167 voix.
Alors que 53 934 électeurs étaient inscrits, le taux de participation a été de 68,13%.
La victoire de Marguerite Blais a été annoncée à 21h40 au moment où la libérale disposait d'une avance de plus de 1100 voix et que l'écart se creusait. Les militants réunis dans le local de campagne de la rue Notre-Dame ont explosé de joie.
«Ce n'est pas la victoire de Marguerite Blais. C'est votre victoire», leur a-t-elle lancé. «Vous avez travaillé du matin au soir sans jamais perdre courage et espoir.»
«Même si je suis libérale, je vais servir fidèlement tous les électeurs de la circonscription quelle que soit leur allégeance politique. Quand on est élu, c'est pour servir les gens», a-t-elle déclaré, félicitant les candidats des autres formations pour la campagne qu'ils ont menée.
Cette réélection, la députée l'attribue notamment à son travail sur le terrain. «Je suis une fille qui travaille son comté depuis cinq ans», a-t-elle dit.
Quant au glissement du PLQ vers le statut d'Opposition, Mme Blais a avancé l'hypothèse de l'usure pour expliquer ce résultat. «Le parti est au pouvoir depuis neuf ans», a-t-elle souligné.
Élue une première fois en 2007 et réélue en 2008, Marguerite Blais a toujours été députée du parti au pouvoir. Comment entrevoit-elle son rôle dans l'Opposition? «Je vais devenir une critique!», a-t-elle lancé.
Un gouvernement minoritaire donc pour le PQ, qui ne dispose que d'une majorité de quatre sièges. Ce qui a amené le président du Parti libéral dans Saint-Henri–Sainte-Anne, Robert Dobie, à demander aux militants de demeurer alerte. «N'allez pas trop loin, leur a-t-il dit, on va avoir besoin de vous.»
De son côté, Sophie Stanké a affiché une belle satisfaction face à sa performance. «J'ai fait une très bonne campagne, a-t-elle commenté. Je me suis sentie appuyée.»
«Nous avons réussi à faire remonter le Parti québécois dans Saint-Henri–Sainte-Anne», a-t-elle dit aux militants réunis dans un resto de Pointe-Saint-Charles. «Nous n'avons jamais été aussi proche du but.»
Rappelons que le PQ n'a pas fait élire un député dans la circonscription depuis plus de 30 ans. Le dernier en date est Jacques Couture, qui a siégé à l'Assemblée nationale de 1976 à 1981.
«Nous avons espoir, un jour, de faire renaître le Part québécois dans ce comté», a soutenu Mme Stanké. «Je dis ce soir aux électeurs que le changement est enfin possible, mais pour une prochaine fois.»
«On sentait vraiment qu'il y avait un vent de changement», a confié la péquiste, qui compte bien continuer à militer activement au sein du PQ. «Je veux rester. Je ne suis pas venue en politique en touriste», a-t-elle assuré.
Recul des appuis
On note que les appuis à la libérale ont reculé en termes de suffrages exprimés. Lors du scrutin de 2008, elle avait obtenu 45,85% des voix comparativement à 38,45%.
Le PQ a aussi connu une diminution de ses appuis, passant de 37,08 % des voix en 2008 à 32,07%.
C'est du côté de Québec solidaire que l'on observe une progression très importante. L'appui au parti a presque doublé, bondissant de 6,39% à 11,30%. Le candidat de la CAQ a de son côté recueilli 15,42% des suffrages.



