C’est en 1888 qu’Émile Berliner, l’inventeur du microphone, fabrique le premier gramophone et son premier disque qui supplanteront le phonographe, alors très populaire.
Allemand émigré aux États-Unis, Émile Berliner déménage à Montréal pour y installer en 1908, l’usine de la Berliner Gramophone dans le quartier St-Henri, entre les rues Lenoir et Lacasse.
La Berliner Gramophone est ensuite achetée par la multinationale RCA Victor, active dans les industries du disque, de la radio et de la télévision.
En 1943, la RCA Victor construit un studio d’enregistrement dans un bâtiment annexé à l’usine située sur la rue Lacasse.
Ce studio, conçu par l’architecte Gordon Lyman, sera le premier studio au Canada à être doté d’un traitement acoustique polycylindrique. Tout de bois, les murs du studio sont donc recouverts de grosses planches courbes, sortes de demi-cylindres apposés au mur, pour une circulation du son unique.
Le studio de la RCA Victor fermera ses portes en 1958, pour faire place à la conception et la fabrication du premier satellite canadien, dans le plus grand secret.
Tombé dans l’oubli, le studio d’enregistrement reprendra ses activités en 1985 sous la direction d’un nouveau propriétaire, Gaétan Pilon, qui choisit le nom de Studio Victor pour rendre hommage au passé des lieux.
Au début des années 90, le Studio Victor collabore étroitement à la création du Musée des Ondes Émile Berliner dans les murs du même bâtiment qui abrite les studios, afin de partager avec le public l’histoire fascinante de l’enregistrement sonore au Québec.
Véritable caverne d’Ali Baba, les salles de stockage des items du musée contiennent des centaines d’objets qui lui ont été donnés, tels des radios pour les tanks russes que la RCA fabriquait lors de la 2e guerre mondiale, des gramophones portatifs, un vieux graphophone de marque Edison ainsi que de vieux téléviseurs des années 30, 40 et 50. En tout, une vingtaine de bénévoles s’active à entretenir les objets et préparer, chaque année, de nouvelles expositions.
L’immeuble du centre RCA, qui a été rebâti en 1943 suite à un incendie, est une construction qui représente dignement le style art déco de l’époque. L'architecture de l'immeuble témoigne de son riche passé mais, fini l'époque de la compagnie unique, le centre RCA regorge d’une foule de locataires disparates.
Dans une sorte de communauté presque autosuffisante, les 300 locaux de l’immeuble RCA abritent des studios d’artistes de peintres, de céramistes, des ébénisteries, des entrprises de l’industrie textile et des bureaux d’affaires. «Seulement 4% de nos espaces locatifs sont vacants», illustre Michel Darveau, Directeur des opérations et de la location du Centre RCA. «On a trois types de locataires, en proportion à peu près égales, soit un tiers d'artistes, un tiers de clientèle d’affaires et cléricale et un autre d’industrie légère», indique ce dernier.
Souvent les locataires de l’immeuble de 350 000 pieds carré n’ont pas à aller bien loin pour trouver les sous contractants ou encore les clients dont ils ont besoin, souvent les uns et les autres logent sous le même toît!






