Les aînés, un atout indéniable pour les entreprises? La ministre responsable des Aînés et députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, Marguerite Blais, le croit fermement. Avec le défi démographique auquel fait face le Québec, elles auraient bien tort de se priver de cette richesse, a-t-elle soutenu lors d’une conférence prononcée le 6 juin devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie du Sud-Ouest de Montréal.
Environ 740 000 postes devront être comblés au Québec d’ici 2014, a indiqué Mme Blais. Or, a-t-elle prévenu, «le Québec fait face à un défi démographique sans précédent». La province se situe tout juste derrière le Japon, plus vieux pays du monde, sur le plan de l'âge moyen de sa population. Les personnes de 65 ans et plus représentent actuellement 15% de la population du Québec, et leur nombre augmente rapidement. En 2031, il est prévu que le groupe des plus de 65 ans représentera 25,6% de la population, soit 2,3 millions de personnes.
Face aux besoins à court terme du marché de l’emploi, «on n’est plus en mesure de bouder les travailleurs expérimentés», a insisté Marguerite Blais. «On a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée au Québec.»
Encore faut-il que notre société, qui n’en a que pour la jeunesse, change sa perception. «Il faut voir le vieillissement en termes positifs», a expliqué la ministre. L’âge de 65 ans, a-t-elle rappelé, ne constitue pas une date de péremption.
Le gouvernement Charest souhaite prendre ce virage. Son budget déposé en mars dernier contient des mesures pour inciter les personnes âgées de 65 ans et plus à rester sur le marché de l’emploi, ce que plusieurs travailleurs comptent faire. Le tiers des répondants à un sondage réalisé peu de temps après l’annonce de ces mesures a dit avoir l’intention de continuer à travailler au-delà de cet âge.
Le maintien en emploi de travailleurs plus âgés ne peut qu’avoir des retombées positives, estime Mme Blais. À son avis, la création de liens intergénérationnels en milieu de travail, le mentorat des plus âgés auprès des plus jeunes ne peuvent que donner de beaux dividendes.
«Je me rend compte que partout, on vit beaucoup d’âgisme. On met les aînés de côté», a déploré la ministre plaidant qu’au contraire, ils représentent «un apport indispensable à la société».
«On parle de conciliation travail-famille. Est-ce qu’on peut parler de conciliation travail-retraite?», a demandé Marguerite Blais.





