Pour ce faire, ils lancent le concours « Visa entrepreneurial », doté de plus de 20 000 $ en bourses et en prix, histoire de promouvoir, de développer et de valoriser les initiatives d'affaires des communautés noires à travers le Québec. « C'est bien de chercher un emploi, mais c'est encore mieux de le créer quand on a une bonne idée et beaucoup de potentiel, explique Henriette Kandula, directrice générale de CHAFRIC. C'est une façon de se prendre en main et d'aider d'autres personnes en les embauchant. Nous voulons que les communautés noires participent à la création de la richesse au Québec et c'est pourquoi nous allons vers les gens pour leur dire que c'est possible de se lancer en affaires. Il existe le Fonds Afro entrepreneur, mais le concours vient ajouter d'autres outils en mettant en lumière des projets porteurs qui permettront à nos entrepreneurs d'accéder à d'autres réseaux et de se faire connaître. »
Selon des chiffres dévoilés en conférence de presse à la Caisse Desjardins Mercier-Rosemont, et émanant de Statistique Canada, des 150 000 personnes issues des communautés noires, 3 % sont des entrepreneurs, alors que 6 % des Québécois blancs dirigent une entreprise. Quatre pour cent des personnes noires sont des travailleurs autonomes, contre 10,1 % pour les Blancs.
Kerlande Mibel, présidente de la JCCH, ne cache pas son enthousiasme face à « Visa entrepreneurial ». « Ce sont les PME au Québec qui créent le plus d'emplois et souvent, elles manquent d'aide, surtout à l'étape la plus délicate, celle du démarrage. Alors notre concours sera assurément un coup de pouce de départ. Si on attend que nos entreprises deviennent des Bombardier, on risque de passer à côté. Bombardier a aussi commencé très petit. »
Selon Henriette Kandula, il existe bel et bien une discrimination latente et même systémique sapant les efforts d'intégration et la participation pleine et entière des Québécois noirs au sein de leur société d'accueil. « Visa entrepreneurial » vise justement à briser des barrières et servira, souhaitent les deux organismes, de tremplin aux meilleures idées qui émergeront de ce concours. « Un bon produit ou un bon service, on l'achète, peu importe la couleur de la peau de celui qui nous le propose, ajoute Mme Kandula, qui veut faire rêver les futurs entrepreneurs.
De son côté, le président de la CHAFRIC, Jean A. Kasende, a parlé de donner la piqûre entrepreneuriale à la relève. « J'invite les membres des communautés noires du Québec à prendre leur place et à s'affirmer à titre de partenaires économiques. Il n'y a pas de limite à la diversité des besoins et dans la création d'entreprises cherchant à combler ceux-ci. »
En fait, le concours soutiendra des projets en démarrage, mais aussi des entreprises comptant moins de cinq ans d'existence dans quatre secteurs d'activités: les services, la transformation et la production, le commerce au détail, les arts et culture. Bien entendu, les candidats doivent être issus des communautés noires du Québec, être âgés de 18 ans et plus, être citoyens canadiens ou résidents permanents et avoir en main un projet d'affaires viable et original.
L'appel de candidatures se déroulera jusqu'au 28 février 2010 et le dévoilement des gagnants aura lieu dans le cadre d'un gala le 24 avril suivant.
Concours pour soutenir les projets d'affaires des communautés noires
La Jeune Chambre de commerce haïtienne (JCCH) et Chantier d'Afrique du Canada (CHAFRIC) veulent soutenir la création d'entreprises au sein des communautés noires de la province, les deux organismes considérant l'entrepreneuriat comme une voie d'intégration à la société québécoise.
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