Attendez de voir le style du jeune compositeur, avec son allure d’artiste de l’époque romantique!... Le pianiste Roman Zavada (quel nom tout de même!), qui rêve de bientôt présenter son propre récital d'œuvres originales, joue pour le moment sur son clavier des pièces d’accompagnement de films muets, comme par exemple La ruée vers l’or (1925), l’un des chefs-d’œuvre incontestés de Charlie Chaplin.
Fils de la pianiste et professeure de musique, Claudette Berthiaume, le coloré musicien, Roman Zavada, se définit lui-même comme «un compositeur autodidacte, plutôt rebelle, qui n’a pas complété sa formation musicale classique» (un peu de conservatoire, un peu d’université…). Il fait ainsi de l’accompagnement de films depuis une dizaine d’années. Son mentor, son maître en la matière, c’est Gabriel Thibodeau, probablement le premier pianiste à être reconnu au Québec (et ailleurs dans le monde) de façon officielle en tant qu’accompagnateur de films muets.
«Créer sur le vif»
«Il m’arrive souvent de travailler avec Gabriel ou de le remplacer sur un contrat», raconte Roman, pour qui «la musique d’accompagnement, c’est ce qui crée l’ambiance, plante l’atmosphère, bien comme il faut et surtout, permet aux spectateurs de suivre l’action à l’écran. On plonge vraiment dans le film, on s’adapte au film». «C’est très intéressant, très agréable à faire, ajoute Roman. On finit par créer en direct, et sur le vif, une œuvre en soi, issue d’une improvisation musicale. Et cela se passe à l’instant même; c’est une fois et c’est sans retour. C’est jouer du piano dans un contexte que j’adore, alors que je sens l’énergie et l’interaction des gens dans la salle pendant la projection». Roman Zavada sera de retour au Théâtre du Grand Sault du Centre culturel Henri-Lemieux à LaSalle, le 28 mars, pour accompagner un autre film du riche répertoire des films muets de Chaplin, Le cirque (1928). À voir et à entendre absolument! 514 367-5000.



