Pour les seuls secteurs de l’alimentation, du vêtement et de la restauration, une étude de l’offre et de la demande dans le quartier Émard/Côte-Saint-Paul chiffre les fuites commerciales à près de 100 millions de dollars. Pour rendre le boulevard Monk plus attirant et encourager l’achat local, l'arrondissement du Sud-Ouest et la Société de développement commercial (SDC) Monk se sont donné un plan d'intervention pour la période 2010-2012.
Le Plan d’intervention 2010-2012 pour le boulevard Monk prévoit notamment une intensification des efforts d’embellissement et d’aménagement pour favoriser le sentiment d'appartenance de la population.
Les causes du déclin de l’activité commerciale sur le boulevard sont nombreuses. La directrice générale de la SDC Monk, Helen Toddy, cite entre autres la construction du Carrefour Angrignon, en 1985. «Cela a été un coup dur», dit-elle. Son arrivée a modifié les habitudes d’achat des résidants du secteur.
Aujourd’hui, le boulevard Monk compte une centaine de commerces. Entre les rues Allard et Saint-Patrick, le taux de vacance est de 14%.
Trois axes d’intervention
Le plan de revitalisation repose sur trois axes prioritaires d’intervention: la propreté, l’intensification du recrutement commercial et celui des efforts d’embellissement.
La propreté et la sécurité sont des priorités à court terme. Ainsi, on compte créer un espace public propre afin d'améliorer le sentiment de sécurité de ceux qui empruntent le boulevard et inciter les promeneurs à s’y aventurer. Le plan prévoit à ce chapitre un renforcement des actions déjà en cours, notamment en ce qui concerne le nettoyage des graffitis.
On compte également intensifier les efforts d’embellissement et d’aménagement ainsi que les activités d’animation pour favoriser le sentiment d'appartenance de la population. «Il faut redonner un sentiment d’appartenance», insiste Helen Toddy.
Troisièmement, une stratégie de mise en marché et de recrutement commercial sera élaborée. Le recrutement sera en lien avec les besoins et les attentes de la population locale. On compte identifier le mix commercial optimal afin de positionner le boulevard, lui donner une signature originale et le promouvoir adéquatement auprès des usagers, des consommateurs et des investisseurs. L’objectif est d’avoir un minimum de huit nouveaux commerces en 2012. On entend aussi porter le nombre de cafés-terrasses à huit en 2011. «Les terrasses mettent de la vie sur la rue, constate Helen Toddy. Ça met de l’activité là où il n’y en avait pas.»
Cette dernière voit le boulevard Monk de demain «plus comme une artère de services avec des magasins d’appoint, des boutiques de cadeaux, des restaurants, pharmacies, bureaux de professionnels, clinique médicale»; un boulevard Monk qui «donnerait l’image d’une petite artère commerciale de village», dit-elle.
La revitalisation de la section nord, entre Jacques-Hertel et Saint-Patrick, présente un bon défi. Pourtant localisé à proximité du canal de Lachine, ce secteur est peu invitant avec ses locaux vacants, ses immeubles en état de détérioration, son offre commerciale éparse. Cette véritable porte d’entrée offre un visage triste, que l’on arrive du nord, de l’est ou de l’ouest. Dans sa vision stratégique de développement du boulevard présentée en juin 2009, la SDC suggérait de privilégier pour ce secteur une mixité des usages commercial et résidentiel, rappelle Helen Toddy.



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J'habite le quartier depuis 2 ans, ayant fait le choix d'y acheter un immeuble locatif. Le potentiel des lieux est énorme avec ses nombreux espaces verts, son parc immobilier varié, l'accès au transport en commun, au Canal Lachine et à sa voie cyclable. Mais ce qui manque grandement, plus que tout même, c'est une artère commerciale dynamique, propre et sécuritaire. En somme, invitante pour ceux et celles qui y habitent. Vivement des petites boulangeries, des cafés, des restaurants offrant des menus originaux sur le boulevard Monk. Vivement une artère commerciale portant une signature unique faisant d'elle un lieu de consommation certes, mais aussi un lieu de rencontres pour les citoyens du quartier.
Je suis mères de 36 ans de deux jeunes enfants. Totalement en accord avec le recrutement commercial. Je crois fortement qu'avec des commerces biens entretenus offrant des spécialitées avec des terrasses que l'on pourrait remettre ce boulevard sur la bonne voie et sur la map. Je vise à démarer mon petit commerce sur le boulevard monk d'ici quelques temps. Évidemment que les procédures de démarrage me semble compliquées, mais j'y crois depuis trois années déjà. Mon secteur me tient à coeur puisque cela concillerait famille et boulot . Je suis fier d'y habiter et de me promener avec mes enfants. J'ai un concept, mais besoin de guide pour me diriger dans ce monde des affaires. Jaimerais faire partie de celles qui ont aidées à la revitalisation de ce boulevard. Dans l'attente d'une réponse favorable . Claire Desrochers