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Le sort en est jeté
C’est ce que nous répétait notre professeur de français de 2e année de secondaire avant chaque début d’examen. Alea Jecta Est, le sort en est jeté et cette petite phrase s’applique très bien aux trois «petits de l’automobile» dont le sort est maintenant entre les mains du gouvernement américain.
Qui aurait pu prédire une situation aussi dramatique pour l’industrie automobile américaine toute entière ? Dix ans auparavant, les trois géants de Detroit écoulaient paisiblement leurs flottes pendant que les Ford F150, Chevrolet Silverado et Dodge Ram occupaient systématiquement les premières positions au palmarès des ventes. La crise du pétrole combiné à une crise économique sans précédant aura eu raison d’une économie automobile américaine basé sur le format. D’aucun ne possédait de Plan B et de rationalisation en rationalisation, Ford GM et Chrysler ne parvenait tout simplement pas à reprendre le dessus. Nous en sommes aujourd’hui aux solutions de dernier recours. Les constructeurs automobiles doivent s’agenouiller devant le congrès américain et demander de l’argent. Même le grand patron de la General Motors, Rick Wagoner, est maintenant obligé de reconnaître que le groupe se dirige tout simplement vers une faillite certaine si le gouvernement ne vient pas à la rescousse. Chrysler est encore en plus mauvaise posture avec un parc automobile qui n’a rien à offrir pour les prochains mois. Ford avec encore 25 milliards en liquidité pourrait tenir le coup plus longtemps, mais pas beaucoup considérant qu’il a perdu 9 milliards de dollars depuis le début de l’année 2008.
Ce sera au gouvernement de décider
Le sort des grands de l’automobile est maintenant entre les mains de Washington. La Maison-Blanche va donc utilisé l’argent des contribuables américains pour soutenir l’économie automobile américaine. Mais en plus des 25 milliards de dollars déjà promis par l’administration Bush, est-ce qu’un hypothétique 50 milliards supplémentaires pour survivre à la crise est suffisant. Il est clair que de laisser la situation se détériorer coûterait beaucoup plus que cela. Il y aura nécessairement des conditions à ces prêts, mais il faudrait que le gouvernement américain s’assure que GM, Ford et Chrysler ne retombe pas dans les mêmes mauvaises habitudes après la tempête. Est-ce que GM a besoin de maintenir huit divisions automobiles en vie ? La réponse me semble évidente. Il faudra aussi revoir le contrat social avec les syndicats des travailleurs unis de l’automobile qui vivent dans une réalité du 20e siècle. Les salaires et avantages sociaux sont dépassés dans un pays qui est maintenant dominé par des petits syndicats de boutiques créés par les constructeurs Japonais et Coréens qui attribuent un taux horaire moyen de 28 dollars de l’heure. Pour visser des boulons et installé des panneaux de portes, cela me semble tout à fait raisonnable.
Et si malgré tout, il était trop tard
Cela fait plusieurs années que les analystes critiquent Ford, GM et Chrysler pour leur orientation automobile. La réaction aux changements du marché automobiles a été trop lente et pas assez convaincante et il faut bien comprendre que l’aide gouvernementale est une bouée de sauvetage qui ne garantie en rien un avenir florissant à l’industrie automobile Américaine. Plusieurs s’entendent à dire qu’il est déjà trop tard pour Chrysler. Il faut dorénavant envisager que comme dans d’autres secteurs de l’économie, les plus forts avalent les plus faibles et à ce jeu, les constructeurs américains sont en bien mauvaise posture.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à 11 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au
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