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Daniel Beaudin quitte les rangs du Parti conservateur

Article mis en ligne le 8 décembre 2008 à 12:10
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Daniel Beaudin quitte les rangs du Parti conservateur
(NDLR) La lettre que Daniel Beaudin, candidat du Parti conservateur dans Jeanne-Le Ber aux élections du 14 octobre dernier, a fait parvenir à Dimitri Soudas, conseiller politique du premier ministre Stephen Harper, en réponse à l’invitation adressée en vue de la manifestation tenue devant le bureau de Stéphane Dion, le 6 décembre, pour dénoncer la coalition formée par le Parti libéral et le NPD, avec l’appui du Bloc québécois.
Cher Dimitri,

Les 308 députés qui forment l'actuelle Chambre des communes ont été élus démocratiquement par le peuple canadien. Les alliances stratégiques entre les partis existent depuis toujours et le Parti conservateur du Canada n’a jusqu’à ce jour jamais renié ce principe légitime et perçu comme démocratique tant au Parlement que par la population en général.

Dans les faits, la volonté de couper le financement aux partis de l’opposition, le recul des femmes dans l’équité salariale et le retrait des droits de grève aux fonctionnaires constituaient une erreur et n’auraient jamais dû faire partie d’un énoncé économique à la veille de ce que plusieurs voient comme le début d'une grave crise économique mondiale. Le Parti conservateur aurait dû admettre immédiatement cette erreur stratégique... et l'assumer. Il n’aurait pas dû blâmer l’Opposition pour leur alliance mais plutôt, en véritable leader, trouver une solution pour continuer à gouverner comme il a été mandaté par 38% de la population canadienne.

Je ne peux plus être associé à un parti au pouvoir qui accuse un autre parti de l’Opposition, quel qu’il soit, d’être anti-démocratique parce qu’il n’a pas la même pensée ou la même vision que lui. D'ailleurs, le grand perdant de cette tempête injustifiée qui aurait pu être prévenue est le Québec. C’est lui qui fait les frais de cette bévue car quand les gens de l’Ouest regarderont cette manifestation à la télévision demain soir, ils ne diront pas que la démocratie est en danger mais plutôt: «Look what the separatists did again». Quand cette perception s’installe, c’est le Québec au complet qui perd.

Le Parti conservateur a choisi d’ignorer le Québec lors de la dernière campagne électorale fédérale, j'en ai été témoin à titre de candidat dans Jeanne-Le Ber; tous les candidats ont d'ailleurs dénoncé cette aberration lors de la réunion tenue à Drummondville après les élections. Cette fois le PC a, d'une part, fait le pari de mettre en cause la valeur représentative de la majorité des élus du Québec et, d'autre part, suscité un sentiment d’amertume chez un grand nombre de Québécois, dont je suis. Personnellement je n’ai d’autre choix que de dénoncer l'arrogance du Parti conservateur et de son chef en démissionnant de ce parti.

Je veux saluer mes confrères et consœurs avec qui j’ai eu le privilège de faire campagne et leur souhaiter la meilleure des chances.
Daniel Beaudin

Montréal, le 5 décembre 2008

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