Le répertoire de l’auteure-compositrice-interprète fait dans l’émotion plutôt que dans la virtuosité avec un quelque chose d’envoûtant dans le rythme et un soupçon d’irrévérence dans l’interprétation.
Accordéoniste du XXIe siècle
Marie-Josée Houle : la musique pour créer des liens
Artsite indépendante tenant à sa liberté musicale, Marie-Josée Houle joue de l’accordéon. Mais encore? C’est simple : «Les gens adorent ou détestent ma musique», indique-t-elle, en toute simplicité. Avis aux curieux, la jolie musicienne sera en spectacle le 5 juillet au Centre St-Ambroise.
Elle qui a suivi une formation classique avec des cours d’accordéon de l’âge de cinq à 18 ans, elle a du fuir son instrument pour la base électrique et se produire au sein de formations punk pendant des années pour enfin trouver sa voix. Encore aujourd’hui, alors que ses compositions sont tout sauf académiques, elle fuit les partitions : «Quand je vois une feuille de musique, c’est comme si je retombais en enfance lorsque je devais jouer des chansons quétaines pour faire plaisir à la visite», rigole-t-elle.
Le répertoire de l’auteure-compositrice-interprète fait dans l’émotion plutôt que dans la virtuosité avec un quelque chose d’envoûtant dans le rythme et un soupçon d’irrévérence dans l’interprétation. Elle s’inspire des musiques folkloriques d’Europe de l’Est, de France, de Grèce, de Suède et de Norvège, et même du Québec: «l’accordéon était le piano du pauvre, on pouvait l’apporter avec soi. S’il est devenu moins populaire avec les années, il a effectué un retour en force récemment avec des groupes comme Arcade Fire, qui n’hésite pas à l’incorporer dans leur création», indique l’artiste.
Le son de Marie-Josée Houle est plutôt traditionnel cependant, vaguement inspirée de la valse musette: «Je ne sais pas d’où ça me vient, la seule chose que je sais, c’est que ma mère écoutait beaucoup Édith Piaf quand elle était enceinte de mois», raconte-t-elle.
De la dualité du «Franglais»
Née au Québec, Marie-Josée Houle a grandi en Alberta et ses compositions bilingues illustrent parfaitement les deux solitudes canadiennes: «Je ne rentre dans aucun moule, je ne peux pas recevoir de subventions pour les artistes francophones Hors-Québec, car mon travail st à 50% bilingue», déplore-t-elle.
«La question de la langue est très politique et sert à diviser les gens alors je me sers de la musique pour créer des liens. Mon public est autant francophone qu’anglophone et j’espère éventuellement avoir la chance de représenter le Canada à l'étranger en donnant des concerts dans les ambassades, par exemple.»
En attendant le lancement de son nouvel album prévu pour octobre, Marie-Josée Houle entreprend une tournée pancanadienne avec des arrêts à Toronto, Montréal, Ottawa, dans le sud de l’Ontario, les Prairies et l’Alberta. Quelques spectacles sont également prévus à Paris et elle sera du festival d’accordéon de Vienne en Autriche en mars prochain.
Marie-Josée Houle en spectacle au centre St-Ambroise
Le 5 juillet à 20h
Pour information: www.myspace.com