Sur les 2000 unités de logement du projet Les Bassins du Nouveau Havre, 44 % seront conçues pour les familles. De plus, la Société immobilière du Canada construira 20% de logements sociaux.
Bassins du Nouveau Havre : Montréal donne le feu vert
Le comité exécutif de la Ville de Montréal a donné son aval à la réalisation du projet Les Bassins du Nouveau Havre aux abords du canal de Lachine.
Soumis par la Société immobilière du Canada (SIC), le projet de transformation de l’ancien site de Postes Canada, qui exige des modifications au Plan et à la réglementation d’urbanisme, est évalué à 760 millions de dollars. Le développement devrait s’échelonner sur une douzaine d’années. Il doit comporter à terme 2000 unités de logement, incluant 600 logements sociaux et abordables, 325 000 pieds carrés d’espaces consacrés aux commerces, aux bureaux et aux services, ainsi que des espaces publics. Il occupera un terrain d’un million de pieds carrés dans le quadrilatère formé par les rues Ottawa, du Séminaire, Richmond et le canal de Lachine.
La grande majorité des bâtiments respecteront la hauteur de 25 mètres prescrite par le Plan d’urbanisme aux abords du canal. Seuls deux emplacements auront une hauteur plus élevée: un à l’intersection des rues Guy et Ottawa, d’une hauteur de 44 mètres, et un autre à la limite est de la propriété le long de la rue du Séminaire, d’une hauteur de 60 mètres. Aucun de ces deux emplacements ne se trouve en front du canal.
Recommandations de l’OCPM
L’accord de développement conclu entre la Ville et la SIC permet de répondre à plusieurs observations formulées devant l’Office de consultations publiques de Montréal (OCPM) au chapitre notamment du patrimoine, des espaces verts et de la qualité du milieu de vie. Ainsi, le promoteur cédera 29 % du site à la Ville pour l’aménagement d’espaces publics. Les allées piétonnes et les espaces récréatifs occuperont à eux seuls 20% du site. Ils seront concentrés autour des bassins 3 et 4, dans la partie ouest du site. La Ville s’engage d’ailleurs à rappeler le caractère historique des lieux en restaurant la partie supérieure des murs de ces deux bassins. Le promoteur est aussi tenu de mettre en valeur les bassins 1 et 2, du côté est du site, en retraçant les murs et en maintenant un niveau d’eau adéquat. Enfin, la SIC, qui vise une certification en développement durable (LEED), s’est engagée à déployer ses meilleurs efforts pour accueillir un CPE et une clinique médicale sur le site.
Les modifications apportées au projet de règlement par suite des commentaires exprimés lors des audiences de l’OCPM permettent par ailleurs à l’arrondissement du Sud-Ouest d’assurer un meilleur encadrement de l’aménagement et de l’architecture. Ainsi, les bâtiments de plus de 25 mètres feront l’objet d’une évaluation spécifique au chapitre de l’ensoleillement et des vents.
De plus, comme le recommandait l’OCPM, la SIC a conclu une entente avec le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) afin que ce dernier puisse mener à terme ses projets d’économie sociale, d’ateliers résidences pour artistes et d’auberge internationale. Les terrains visés par le RESO lui sont réservés pour une période de deux ans. On parle d’un pôle d’accueil touristique et culturel créateur de 200 à 300 nouveaux emplois.
Le RESO collabore à la réalisation de différents projets d’économie sociale, soit à l’implantation d’un établissement hôtelier abordable avec Les Auberges de jeunesse du St-Laurent et d’une centaine d’ateliers-résidences pour artistes avec la Cité des Artistes. Un autre projet, à l’étude, pourrait regrouper différents organismes du domaine des arts et de la création.
Le RESO s’est dit très heureux de la décision de la Ville qui donne le feu vert à un projet «exemplaire de développement urbain durable répondant aux attentes de la communauté du Sud-Ouest». Le RESO et ses partenaires, Bâtir son quartier et la Coalition de la Petite-Bourgogne / Quartier en santé, ont élaboré, dès 2004, un plan d’aménagement pour ce site dont les grands principes ont été retenus par la SIC, a rappelé Pierre Morrissette, directeur général du RESO.
«Nous invitons maintenant les pouvoirs publics, notamment le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, à collaborer avec nous pour soutenir la réalisation des projets du secteur d’emploi afin que la mise en valeur du canal de Lachine profite à toute la population du Sud-Ouest», a fait savoir M. Morrissette.
La Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal accueille aussi avec enthousiasme la décision de la Ville. «La CCISOM est convaincue de l’apport significatif et bénéfique du projet les Bassins du Nouveau Havre sur le centre-ville de Montréal et sur l’ensemble de la ville», a commenté la direction de l’organisme. (A.D.)