Justin Trudeau
Le premier discours de Justin Trudeau surprend
Les grandes vedettes politiques d’Ottawa n’ont pas perdu de temps à quitté la Chambre des Communes après le discours du Trône.
Stephen Harper s’est pressé d’aller rencontrer l’Aga Khan; James Flaherty s’est dirigé vers le foyer pour partager ses plus récentes sottises économiques avec les journalistes.
Stéphane Dion a annoncé que comme d'habitude qu'il n'était pas question de défaire le gouvernement, et Gilles Duceppe a annoncé comme d'habitude qu’il ferait tout pour débarquer le gang à Harper.
En chambre il ne restait qu'une poignée de députés.
Tout d’un coup, voilà que parmi eux un jeune député se lève pour parler -- un grand jack de six pieds aux yeux bleus, cheveux noir charbon, sourire remarquable.
« C’est lui! » chuchote une dame dans la Galerie des visiteurs à sa voisine.
Quelle surprise! Première journée de débats et voici que Justin Trudeau est déjà sur pied pour livrer sa première allocution dans l’auguste enceinte, mais à un moment où il n’y a presque personne pour l’entendre.
Il n’en est pas à sa première surprise depuis qu’il a défait la bloquiste Vivian Barbot dans Papineau par 1 230 votes, le soir du 14 octobre.
D’une voix claire mais assurée, il commence. « Monsieur le Président, tout d’abord, j’aimerais prendre un instant pour remercier les gens de Papineau de m’avoir fait l’honneur d’être leur voix dans cette Chambre, une responsabilité dont je compte m’acquitter avec grâce et humilité. »
Un bon député pense toujours en premier à ses électeurs. Lorsque qu’il a été assermenté le 6 novembre, il avait invité une centaine de ses partisans de Papineau à venir souligner l’occasion avec lui.
Justin Trudeau poursuit son discours: « Le gouvernement admet enfin que, comme sous les gouvernements conservateurs précédents, le Canada retombera dans un déficit budgétaire financier. »
Puis, en une seconde, Trudeau passe à l’anglais – une vilaine habitude qu’il a d’aller d’une langue officielle à l’autre comme s’il décrivait une course de trotteurs à Blue Bonnets. Ça tombe sur les nerfs des indépendantistes.
Trudeau explique que dans le temps des Libéraux, le Canada a su « sans perdre nos surplus » passer à travers du SRAS, de la maladie de la vache-folle, de la crise du peso mexicain, et du 11 septembre.
OK pour les flèches mais pas très inspirant.
Heureusement, il n’y avait pas de députés conservateurs dans la salle pour lui rappeler que son père n’a jamais été reconnu pour ses surplus budgétaires…
Il poursuit : « Si ce gouvernement avait suivi les principes de base d’une saine administration fiscale, qui étaient en place lorsqu’il a pris le pouvoir, il aurait pu défendre les intérêts des Canadiens tout en générant des surplus budgétaires. »
Il conclue en critiquant le gouvernement conservateur pour avoir dépensé trop d'argent.
Il n’a parlé qu'un minute 28 secondes. Ce n’était pas vraiment un discours inaugural; c’était au plus un « commentaire inaugural. »
Et de tous les sujets à choisir. Un budget fédéral, lui qui se prétend un environnementaliste engagé.
Est-ce calculé? Pour nous montrer qu’il connait d'autres sujets, tel que l'économie? Est-ce qu’un collègue l’a convaincu de commencer comme ça pour nous surprendre.
Le premier discours d’un nouveau député à une importance symbolique. Les paroles prononcées seront citées longtemps plus tard.
Le discours inaugural est sensé être une indication de quel bois un députée se chauffe, quels sont ses intérêts.
Certains diront qu'il n'aurait pas dû parler sitôt après le discours du trône, mais plus tarde, après avoir averti ses collègues et les médias pour s'assurer d'unve meilleure couverture.
Son timing était tout à fait "off." Pour un député qui a l’intention d’aller loin en politique, et qui connaît’importance des médias, c'était drôle de façon de se servir de cette première occasion de s’adresser à la Chambre des Communes.
Mais les Trudeau – père, mère et enfants - ont toujours été pleins de surprises et comme on dit… ‘la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre’. Justin n’est pas différent.
Jocelyne Drolet
Commentaire mis en ligne le 28 novembre 2008Une fendant ou plutôt une grand "folle" comme son père. Je ne m'attends pas à mieux du fils. Les citoyens de Papineau n'ont pas su choisir leur représentant. Je ne savais pas que dans ce secteur de la ville les gens ignoraient ce que c'était d'être né "avec une petite cuiller en argent" dans la bouche et de n'avoir jamais occupé une vraie "job" de sa vie. J'ai détesté son père autant qu'on peut détester quelqu'un, mais je ne crois pas que le fils en vaille la peine.