Paul Martin est fier de ses réalisations.
L'élection du 14 octobre marque la fin de la carrière politique de Paul Martin
«J'ai une énorme dette de reconnaissance envers les gens de LaSalle-Émard»
L'élection fédérale du 14 octobre a marqué la fin d'un autre chapitre de l'histoire canadienne puisque Paul Martin a mis un terme à sa carrière politique. Élu député de LaSalle-Émard en 1988 et réélu à chaque élection subséquente, Paul Martin a été ministre des Finances de 1993 à 2002. Le 14 novembre 2003, il est devenu le 12e chef de l'histoire du Parti libéral du Canada et un mois plus tard, il était assermenté à titre de 21e premier ministre de l'histoire canadienne.
Premier ministre pendant 17 mois, son gouvernement minoritaire a été renversé. Engagé dans sa sixième campagne électorale, sa deuxième comme chef, il a tenté de convaincre les électeurs de lui donner une seconde chance au scrutin de janvier 2006 mais ce fut peine perdue. L'hécatombe a été évitée, le parti faisant élire 105 députés.
Comment se sent-il à l'issue d'une carrière politique d'une vingtaine d'années ? «J'ai une énorme dette de reconnaissance envers les gens de LaSalle-Émard. Je leur dois tout.
Si j'ai pu faire des choses au Canada et au niveau international, c'est grâce à eux. Pendant presque 20 ans, beau temps, mauvais temps, ils ont toujours été là, avec moi. Être député de LaSalle-Émard, c'est beaucoup de travail mais je n'y ai jamais passé une journée sans avoir de «fun». LaSalle-Émard est un microcosme de ce qu'est le Canada. Je dois une fière chandelle à mon exécutif, des gens qui travaillent sans relâche. Sans oublier mes collaborateurs que sont Lucie Santoro, Suzanne Ranger, Sylvain Savard et Lorraine Poissant.»
Est-il triste de quitter la politique ? «C'est un changement fondamental mais après 20 ans, le temps est venu de passer à autre chose. Je suis content que la députée qui va me remplacer, Lise Zarac, soit une personne de LaSalle qui connaît bien le comté.»
Ses réalisations
De quelles réalisations est-il le plus fier ? «Au niveau du comté, il y a eu la restauration du pont Knox, le Centre sportif du Cégep, l'Aquadôme, l'agrandissement de l'hôpital, la relance économique du Sud-Ouest et de petits dossiers que nous réglons quotidiennement.»
Ses plus grands regrets ? «Je préfère ne pas regarder derrière. Je n'ai pas eu autant de temps que j'aurais voulu. J'ai créé la fondation pour le programme du Parti libéral de l'avenir avec le programme d'infrastructures, les garderies, l'éducation des autochtones, la politique étrangère. C'est sûr qu'il y a des choses que j'aurais pu faire mieux mais quand je regarde ce que j'ai fait comme ministre des Finances et premier ministre pour s'assurer que le Canada passe à travers n'importe quelle crise, j'en suis fier. Quand j'étais en place, on a passé à travers cinq crises parce qu'on a nettoyé les finances du pays. Nous avons laissé un surplus de 12 milliards $ que les Conservateurs ont gaspillé.»
Est-ce une erreur d'avoir pris la direction du PLC avant l'éclatement du scandale des commandites ? «Je suis devenu premier ministre parce qu'il y a des choses que je voulais accomplir. Le problème des commandites, je l'ai affronté et je l'ai réglé. J'ai créé la Commission Gomery parce que pour moi, la politique, c'est une question d'intégrité.»
Sur la scène internationale
Paul Martin consacre désormais beaucoup de ses énergies aux communautés autochtones du Canada et à divers dossiers d'ordre international. «J'ai pris certains dossiers des Nations-Unis en Afrique. Je copréside un fonds de 200 M $ mis en place par les gouvernements britannique et norvégien pour protéger la forêt tropicale du Congo, qui est la deuxième plus importante au monde après celle du Brésil. Je suis aussi actif avec des pays d'Europe et j'ai eu des discussions avec les Japonais pour des projets futurs.»
Vie de famille paisible
Malgré ses occupations et ses multiples voyages à l'étranger, Paul Martin profitera aussi de sa «retraite politique» pour passer plus de temps en famille à sa ferme. Lui et son épouse Sheila-Ann sont les parents de trois fils (Jamie, Paul Junior et David). Depuis septembre 2006, ils sont grands-parents pour la première fois. «Sheila est très heureuse car ça n'a pas toujours été facile pour elle ces années politiques. Mes fils travaillent avec moi lors des élections mais je ne sais pas s'ils ont des carrières politiques en vue.»
En quittant la politique active, Paul Martin ne cache pas qu'il a une pensée pour son père. Paul Martin père a lui-même été député et ministre fédéral. Il a caressé le rêve de devenir premier ministre, sans y parvenir. «Mon père a fait énormément pour le Canada. Il a créé l'assurance-maladie et la citoyenneté canadienne. Je pense qu'il a été l'un des grands leaders du pays.»
Même s'il ne sera plus député de LaSalle-Émard, Paul Martin entend bien revenir visiter le comté qu'il a représenté pendant près de 20 ans. «J'entends bien revenir souvent dans LaSalle-Émard. J'ai passé 20 ans de ma vie ici. J'aime les gens d'ici.»