Passer pour un couillard…
Le ministre Maxime Bernier dans de beaux draps, un autre personnel politique, sous Michael Fortier celui-là, démissionne car il connaissait Julie Couillard: toute la classe politique est ébranlée – et le public éberlué - par le pouvoir qu'exerçait l'ex-amie de cœur de gens influents, portant apparemment ainsi atteinte à la sécurité nationale. Même Stephen Harper passe pour un couillard à force de claironner que les agissements de madame et de son ex-ministre relèvent du domaine privé de l'individu.
Le passé d'une personne est-il à ce point important pour que la GRC enquête et soit dans l'obligation d'intervenir auprès du bureau du premier ministre pour rapporter leurs trouvailles? D'autant plus que la police montée était au courant des antécédents de madame. Maintenant, la psychose s'installe autant dans le monde politique que dans la population, car toute personne ayant eu des contacts avec Julie Couillard voit désormais sa réputation entachée ou presque.
On aura remarqué que la tenue de madame au côté de son homme au moment de l'assermentation de celui-ci comme ministre n'avait rien de trop conservatrice. Faudrait-il aussi que les services de renseignements vérifient l'allégeance politique des partenaires?
Mes prétentions n'étant aucunement scientifiques, je me questionne toutefois sur toute la portée du pouvoir qui est attribué à Julie Couillard. À preuve, même après la démission du ministre, l'histoire fait encore jaser et continue de faire tomber des têtes. À quand la chute des conservateurs tant qu'à y être, serait-ce avant les élections de cet automne? Madame devrait savoir, car elle connaît sûrement les affaires de l'État, puisque des documents ultrasecrets traînaient chez elle. On se croirait en plein film d'espionnage. Dire que ça se passe à Ottawa, encore. En d'autres temps, je présume que ça serait passé inaperçu.
Pendant ce temps, les membres du gouvernement se dérobent de leurs responsabilités en refusant de témoigner à la Commission qu'ils ont eux-mêmes instituée pour faire la lumière sur ce qui s'est réellement passé. Assiste-t-on ici à un remake de la Commission Warren dans le sens ou des témoins clés ne témoignent pas dans le but de faciliter la conclusion commandée dès le départ? En agissant de la sorte, Bernier, Harper et les autres passent eux-mêmes pour des couillards.
La dame, elle, semble s'en tirer. Elle donne son spectacle, se faisant voir partout pour dévoiler ses vérités. L'opinion publique, elle, n'est pas dupe. Et elle a la mémoire longue. Pardonnera-t-elle aux politiciens ou à la dame? Le scrutin s'en vient.