La jeune femme de 29 ans, qui vivait une situation conjugale très difficile, est arrivée dans le quartier Saint-Henri en 2004. Elle a été accueillie par l’organisme Famijeunes, un lieu d’entraide et de ressourcement situé sur la rue Notre-Dame. «Famijeunes a été bénéfique. Ça m’a aidé à briser l’isolement», confie Michèle Marceau. «J’ai rencontré d’autres mamans, d’autres parents. Je me suis fait un réseau d’amis», explique celle qui participe aux activités de l’organisme, contribuant notamment à la rédaction de son journal d’information. «Ça m’a aidée à me retrouver. C’est un organisme qui mérite d’être connu.»
Michèle Marceau se sent très confortable dans son rôle de chef de famille monoparentale. «Je les élève seule depuis toujours», dit-elle. «Je l’assume pleinement. Je suis une femme épanouie. Mes enfants, c’est ma raison de vivre.» «Je suis assez solitaire, précise Mme Marceau. Je veux vivre pleinement ma vie avec mes enfants. Je suis la maman, le papa, l’amie, la confidente.»
Elle apprécie le fait de pouvoir veiller à leur éducation à sa manière, sans compromis, sans partage.
Des enfants actifs
Michèle Marceau préside aux destinées d’une famille particulièrement active. «Des enfants actifs, pour moi, c’est très important, dit-elle. Moi-même je suis une fille active. Je marche énormément. Mon endroit de prédilection, c’est le canal Lachine.»
Les trois plus âgés pratiquent l’athlétisme et vont s’inscrire au hockey cosom. La jeune Sophie-Eve pratique la natation Les deux garçons jouent au basket.
Ces jeunes athlètes participent Jeux de Montréal, à ceux du Jeux du Sud-Ouest, souligne Michèle Marceau. Ils ont même remporté des médailles accrochées fièrement dans le salon. «Je veux des enfants actifs. Je ne veux pas qu’ils restent à la maison pour jouer à des jeux vidéo. Les jeux vidéo, c’est seulement la fin de semaine», explique-t-elle.
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Découvrir Saint-Henri
Michèle Marceau croyait que son passage dans Saint-Henri serait de courte durée. «Je ne pensais pas m’établir à long terme, dit-elle. Je pensais que je serais seulement de passage». Surtout que peu de temps après son arrivée, une agression avec coup de feu est survenue non loin d’où elle demeure. Grand moment de doute. L’incident lui a inspiré de la crainte pour la sécurité de ses enfants. Cela a ébranlé sa nature maternelle profonde. «Je suis la maman poule. Je suis hyperprotectrice», dit-elle. Elle a songé à plier bagages. «Mais à force de me promener, de découvrir le quartier, mon point de vue a changé», dit-elle. La famille a développé des racines. Aujourd’hui, Michèle Marceau n’hésite pas à parler d’un quartier victime de préjugés non fondés. «Pour la vie de famille, c’est génial, dit-elle. Ce n’est pas si gros, Saint-Henri. Tout le monde se connaît.» «J’ai appris à découvrir le quartier. Ce que j’aime le plus: me promener. C’est chaleureux. Tout le monde se parle. C’est comme une grosse famille.»
Elle aime la proximité des services, le marché Atwater – surtout pour les fleurs, dit-elle – le canal de Lachine, sa piste cyclable. «Le canal!, s’exclame-t-elle. Surtout quand le jour tombe. C’est tellement beau. J’adore les couchers de soleil.» «Nous sommes ici et nous n’avons pas l’intention de bouger», lance Michèle Marceau avec un large sourire.





