Patrick Limoges est mort, le mardi 7 juin, à l'âge de 36 ans, en se rendant au travail. Pendant que les policiers tentaient de maîtriser un sans-abri qu'ils ont finalement abattu, ils ont blessé mortellement M. Limoges, un simple passant qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.
La question que tout le monde se pose actuellement est la suivante: pourquoi la police a-t-elle utilisée une force excessive pour maîtriser un homme qui, somme toute, ne faisait que se défouler sur… quelques sacs à ordure?
Pourquoi quatre policiers se sont-ils sentis menacés par un seul homme au point de devoir dégainer et tirer?
Est-ce que les pistolets électriques ne servent-ils justement pas de première option dans de pareils cas?
Est-ce que les policiers sont suffisamment entraînés, pour ne pas avoir, comme premier réflexe, celui de réagir avec violence?
Y avait-il moyen d'éviter cette tragédie et une enquête suffisamment approfondie et impartiale pourra-t-elle faire en sorte que cela ne se reproduise plus?
Les questions sont simples mais les réponses ne le sont jamais.
Facile pour moi de me poser des questions sur la nécessité de dégainer une arme et de tirer, mais je suis journaliste et les plus graves dangers que je coure dans le cadre de mon emploi est de me couper avec du papier ou de me taper une tendinite du poignet à force d'écrire au clavier.
Disons les choses franchement: je ne connais pas le métier de policier. Je ne sais pas ce que c'est que d'être menacé par quelque chose ou quelqu'un qui pourrait mettre ma vie en danger. Je ne sais pas jusqu'à quel point je serais stressée ou rapide sur la gâchette, mais je ne me suis pas entraînée en conséquence et je pars avec le principe que les policiers, eux, le sont, n'est-ce pas?
Cela étant dit, je me trouverais bien naïve d'accorder à ces policiers le bénéfice du doute alors qu'ils continuent à manquer de transparence, à faire du profilage racial, mener des enquêtes souterraines et enquêter sur eux-mêmes. La notion de manque de transparence est mille fois plus délicate lorsqu'il s'agit d'une affaire de mort d'homme impliquant des policiers.
La police ne devrait pas enquêter sur elle-même. C'est un conflit d'intérêt à l'état pur. -
Peu importe la façon que vous abordez le problème, il est temps que les choses changent au Québec. La police ne devrait pas enquêter sur elle-même. C'est un conflit d'intérêt à l'état pur. Il est naïf de croire que les policiers briseront leur loi du silence et choisiront de prendre la défense d'un pur étranger au détriment de leurs propres frères de sang envers lesquels ils ont de la sympathie.
Jusqu'à quel point peuvent-ils vraiment être impartiaux?
Tant qu'à y être, demandons à nos politiciens de procéder au dépouillement du vote ou éliminons les arbitres et demandons aux équipes sportives de prendre toutes les décisions, elles-mêmes. Nous pouvons certainement compter sur tout ce beau monde, non?
La solution est soit - comme en Ontario – créer un organisme civil indépendant d'investigation, soit s'assurer au Québec que le commissaire à l'éthique se penche désormais sur les enquêtes policières, comme l'a suggéré Henry Aubin de The Gazette, dans l'une de ses récentes chroniques.
Quand une communauté sent que ses policiers vivent au-dessus des lois, un sentiment d'irrespect et de manque de confiance s'installe rapidement, dont les conséquences ne peuvent être que négatives.
Je ne peux prétendre en savoir plus que les autres sur ce qui s'est passé ce matin-là alors que deux hommes ont été tués. Tout ce que je puis dire c'est qu'il est grand temps que cette loi du silence disparaisse, pour que ceux qui sont censés nous protéger soit réellement au-dessus de tout soupçon.






