SAGUENAY, Qc - Dans sa quête d'une majorité, le chef conservateur a terminé sa deuxième semaine de campagne au Saguenay Lac Saint Jean, dimanche, où son parti espère rafler le troisième siège de la région.
Et pour ce faire, il reprend un discours qui a pourtant été mal reçu lorsque prononcé par son candidat-vedette dans la région de Montréal, Larry Smith. Le candidat dans Lac-Saint-Louis avait plaidé, la semaine dernière, qu'il était "normal" que le fédéral appuie davantage les comtés représenté par le parti au pouvoir — en l'occurrence les conservateurs depuis les cinq dernières années.
En rassemblement politique à Chicoutimi, dimanche soir, M. Harper a énuméré les projets dénichés dans la région grâce à ses candidats et ministres sous son gouvernement, Jean-Pierre Blackburn et Denis Lebel.
Et les conservateurs sont confiants de faire une «troisième brèche dans ce qui était un château-fort du Bloc québécois», a argué M. Blackburn.
Le candidat de Jonquière-Alma a fait valoir que lui-même avait fait une première brèche en 2006, suivi de près par son collègue, Denis Lebel, élu lors d'une partielle en 2007 et reconduit l'année suivante.
Les conservateurs misent gros au Québec, espérant notamment éviter les représailles de la vague d'amertume laissée par leur décision de ne pas financer la construction d'un amphithéâtre à Québec.
Contre le bloquiste Robert Bouchard, qui a remporté la dernière élection avec quelque 1000 voix d'avance sur le candidat conservateur en 2008 dans Chicoutimi-Le Fjord, affrontera cette fois-ci Carol Néron au Parti conservateur, ex-éditorialiste du Quotidien de Chicoutimi.
Et Stephen Harper a une fois de plus martelé son message, devant une petite foule de 300 partisans dimanche, à l'effet que son parti, lui, agit pour les régions du Québec.
S'en prenant de nouveau au Bloc québécois, son principal adversaire dans les régions de la Belle Province, M. Harper a martelé que les députés du Bloc n'avaient pas de poids à la table de décisions, à Ottawa.
Et il a réitéré, une fois de plus, que ses troupes veulent défendre les intérêts des régions du Québec, tandis que le leader bloquiste Gilles Duceppe ne s'occupe que des grandes villes, la preuve étant qu'il a passé sa première semaine de campagne dans la région de Montréal a déploré le chef conservateur.
Stephen Harper a d'ailleurs lancé, sur un ton ironique, que le slogan du Bloc québécois, «Parlons Québec», contenait une grosse erreur: il devrait plutôt se lire «Parlons Montréal».
Les autobus de campagne des conservateurs ont été accueilli par une vingtaine de manifestants souverainistes, qui attendaient toujours le chef à sa sortie de son rassemblement politique dimanche après-midi.
Un jeune d'une vingtaine d'années, qui était dans la salle du rassemblement politique, s'est fait demander de quitter les lieux par un agent de la GRC, après que celui-ci eut vérifié sa carte d'identité. Selon la Gendarmerie royale, il s'agissait d'une menace à la sécurité du premier ministre, mais la GRC n'a pas pu être jointe dimanche après-midi pour commenter davantage et n'a pas fait d'arrestation.



