MONTRÉAL - Le Canadien de Montréal 1, le débat des chefs en français 0
Ceux qui se demandaient si le hockey était plus important que la politique au Québec ont obtenu réponse; le consortium des médias a devancé le débat des chefs en français de jeudi à mercredi à cause... du premier match de la série entre le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston.
«Ce changement a été fait avec l'accord de tous les partis qui prennent part au débat. Il est conforme à l'objectif du consortium qui consiste à s'assurer que les débats puissent rejoindre le plus grand auditoire possible», a indiqué le consortium par voie de communiqué, dimanche en début de soirée.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait été le premier à demander publiquement un tel déplacement. Dimanche matin, il avait convié Stephen Harper, Michael Ignatieff et Jack Layton à faire front commun avec lui pour convaincre le consortium des radiodiffuseurs de devancer de 24 heures le débat des chefs en français, prévu jeudi soir.
«Or, moi je pense que la démocratie doit passer avant les cotes d'écoute et que le débat en français devrait avoir lieu mercredi», a dit le chef du Bloc québécois devant des militants de sa circonscription montréalaise de Laurier-Sainte-Marie.
Libéraux et néodémocrates avaient fait écho aux demandes de M. Duceppe. Le chef du NPD, Jack Layton, a dit qu'il sympathisait avec les fans du Canadien. «Un grand nombre de personne choisiront de regarder le Canadien jouer. Et si je ne faisais pas campagne, je prendrais la même décision», a-t-il déclaré.
De son côté, le candidat-vedette libéral dans la circoncription d'Outremont, Martin Cauchon, avait approuvé lui aussi la demande de M. Duceppe.
«Un débat dans un exercice démocratique est un élément important. S'assurer que le nombre maximum de personnes puissent visionner le débat, ça aussi c'est important.»
Quant aux conservateurs, ils s'en remettaient au consortium, tout en assurant qu'ils étaient prêts à débattre n'importe quel jour.
«Ces décisions relèvent des réseaux de télévision. Nous serons là les jours qu'ils choisiront», a indiqué Dimitri Soudas, le porte-parole de Stephen Harper.
Plus tard en début de soirée, lorsqu'interrogé sur la décision du consortium, M. Harper a lancé: «Nous sommes prêts».
Programme du NPD
La demande de Gilles Duceppe a volé la vedette au lancement du programme du NPD, à Toronto.
Le NPD a emprunté une page du plan de campagne des conservateurs en 2006, faisant la promesse d'agir dans cinq domaines clés lors des 100 premiers jours au pouvoir.
Les cinq thèmes prioritaires incluent l'embauche de davantage de médecins et de personnel infirmier, le renforcement du système de pensions publiques, la réduction des impôts des petites entreprises, le plafonnement à cinq pour cent des taux préférentiels des cartes de crédit, de même que l'adoption d'une nouvelle législation en matière de responsabilité.
Plus précisément, le NPD dit vouloir limiter le pouvoir du premier ministre à proroger le Parlement.
En outre, le NPD s'engage à atteindre l'équilibre budgétaire avant l'exercice 2014-15. Bien que toutes ces promesses se traduiraient par des dépenses immédiates, les responsables de la campagne néo-démocrate assurent que cela ne provoquerait pas une hausse du déficit. «Le plan du NPD est raisonnable, abordable, et vise les familles de la classe moyenne», a affirmé M. Layton.
La pièce maîtresse du programme consiste en l'annulation des réductions d'impôts aux grandes entreprises, une mesure qui ramènerait leur taux d'imposition à 19 pour cent, ainsi que l'adoption de mesures sévères pour contrer les paradis fiscaux.
De son côté, le chef conservateur Stephen Harper, en campagne en Montérégie, a refusé d'expliquer les coupes qu'il prévoit à son programme électoral qui lui permettront, plaide-t-il, de renouer avec l'équilibre budgétaire plus tôt que prévu.
Questionné à trois reprises sur le sujet, dimanche, il a réitéré le discours tenu deux jours plus tôt au moment de dévoiler son programme: les coupes seront modestes et ne toucheront pas les programmes essentiels, comme la santé, l'éducation ou l'aide aux aînés.
Mais il a catégoriquement refusé d'expliquer les détails de son plan.
«Quiconque affirme que vous ne pouvez pas trouver d'argent à Ottawa sans couper les services essentiels à la population vit tout simplement dans un monde imaginaire», a lancé le chef conservateur, après la troisième question qui lui a été posée sur le sujet, sur les cinq que peuvent lui adresser les journalistes quotidiennement.
M. Harper était à Acton Vale pour défendre son programme agricole, s'engageant à créer une Stratégie nationale sur l'agriculture et l'agroalimentaire, d'une durée de cinq ans.
La programme des conservateurs prévoit l'investissement de 10 millions $ par année pour les quatre prochaines années pour soutenir les agriculteurs, qui s'ajoutent aux près de 200 millions $ promis dans leur budget déposé fin mars et rejeté aussitôt par l'opposition.
Le parti souhaite notamment faciliter les exportations vers de nouveaux marchés, en augmentant le budget pour le Secrétariat à l'accès aux marchés et le Service des délégués commerciaux du Canada
De son côté, le chef libéral Michael Ignatieff avait décidé de prendre une pause, dimanche.




