Stephen Harper a changé le Canada. On le reconnaît à peine.
Harper a dit qu’il n’est pas question de rouvrir le dossier de l’avortement. Mais deux et maintenant trois députés conservateurs de l’arrière-banc ont rouvert le dossier pour lui en proposant des projets de loi privés.
Le dernier est Stephen Woodworth de Kitchener qui veut former un comité parlementaire pour établir à quel moment durant la grossesse la vie humaine commence.
Techniquement, ce n’est pas l’avortement. Mais on sait où il s’en va.
Pas question de rouvrir la peine capitale, dit Harper. Mais son sénateur Pierre-Hugues Boisvenu veut donner une « corde » à chaque meurtrier en cellule. On sait pourquoi. Ce n’est pas pour jouer à « tirez-la-corde. »
Les députés conservateurs parlent tous les jours contre les homosexuels.
Harper dit que le dossier ne sera pas ouvert. Mais ses avocats utilisent les tribunaux pour empêcher deux lesbiennes de se divorcer.
Le message est clair. Si elles ne peuvent se divorcer, elles seront moins portées à se marier. La droite chrétienne félicite Harper.
Et la dernière faille – Harper promet sur la tête de sa mère que jamais il ne réduira les prestations de la sécurité de vieillesse.
Mais par hasard on apprend qu’il a un plan secret pour retarder les prestations de deux ans, fixé l’âge d’admissibilité à 67 ans, plutôt qu’aux 65 ans présentement.
Pis les vieux? Qu’est-ce qu’on en fait?
Qu’ils s’arrangent!
Avortement, homosexualité, et sécurité de vieillesse! Trudeau regarde ça, et soudainement il décide qu’il en a son voyage. Le Canada de Harper n’est pas le sien.
La frustration de Trudeau se comprend. Donc Trudeau annonce à Franco Nuovo à Radio-Canada dimanche dernier que si ça continue il songera à faire un pays du Québec.
La droite du Canada anglais saute sur Trudeau, et le frappe comme une masse sur une pinotte.
Aux lignes ouvertes de la droite radiophonique, on s’en donne à cœur-de-joie. « Trudeau le traite. » « Trudeau a trahi son père, son pays, son parti, le fédéralisme. » Tous les péchés d’Israël lui tombent sur la tête.
Mais les sondages au Québec montrent autre chose. Une majorité dit que Trudeau avait raison. Le Canada n’est plus reconnaissable.
Ça ne veut pas dire qu’il faut devenir souverainiste. Mais. . . . .?
La député bloquiste Maria Mourani l’invite : « Viens-t ‘en! On a une chaise pour toi, mon Justin. »
Mais pour calmer les esprits échauffés, le leader libéral Bob Rae explique : « Justin Trudeau c’est mon valentin. »




