Bien des gens croient, à tort, que, dans un autre élan de nostalgie, Dodge a ramené le fameux moteur de 392 pouces cubes qui était l’autre moteur à culasses hémisphériques (avec le 426) qui a fait les beaux jours de Chrysler à la fin des années 50. Eh bien non ! Tout cela n’est qu’un pur hasard. Lorsque les ingénieurs ont commencé à travailler sur une nouvelle version du moteur SRT8, l’une des priorités était de libérer plus de couple à bas régime. Ce faisant, l’équipe a réalésé le moteur pour le faire passer de 6,1 à 6,4 litres. Il faut savoir que tous les fabricants d’automobiles de la planète, y compris les constructeurs américains, fonctionnent avec le système métrique. Donc, une fois la puissance et le couple moteur atteints, tout le monde étaient heureux. C’est le directeur du département, le Québécois d’origine, Ralph Gilles, qui a fait remarquer que 6,4 litres était l’équivalent de 392 pouces cubes. En réalité, c’est 391,15 pouces cubes, mais c’était assez près de la vérité pour ramener le mythe du 392 pouces cubes sur la table. Voilà pour la petite histoire.
Même bouille sympathique
D’un strict point de vue du style, c’est pratiquement le même véhicule que l’ancienne SRT8 qui d’ailleurs porte encore ce nom. La distinction est inscrite sur l’aile avant avec le 392 bien affiché. Les lignes figurent, à mon avis, parmi les plus réussies de toutes ces voitures qui évoquent un passé récent de l’icône automobile. Deux choses m’ont agréablement surpris sur cette voiture. La première est le confort et la tenue de route surprenante pour une voiture américaine. Dodge a eu la brillante idée de continuer avec le châssis de la 300, lui-même dérivée d’une Classe E de Mercedes-Benz. À vitesse de croisière sur l’autoroute, la voiture est aussi confortable qu’une berline de luxe. L’autre surprise vient du moteur. J’avais l’impression qu’un SRT8 encore plus puissant serait d’autant plus bruyant et inconfortable. C’est tout à fait le contraire, le surplus de puissance et, surtout, les 50 livres-pieds de couple additionnels donnent une assurance tranquille à cette monture qui offre des ressources insoupçonnées.
Moteur plus puissant et plus docile
Les 470 chevaux et le couple de 470 livres-pieds du V8 déplacent cette lourde carcasse avec une aisance déconcertante. De plus, cette année, Dodge a ajouté le système de désactivation des cylindres qui étaient réservé au V8 de 5,7 litres. J’ai pu, sur un trajet autoroutier en plaçant le régulateur de vitesse à 118 km/h, faire un peu plus de 8 litres aux 100 kilomètres avec une monture de 470 chevaux. À cette vitesse, le moteur ronronne à peine à 2 000 tours par minute. Si vous appuyez franchement sur l’accélérateur, vous réalisez immédiatement où les ingénieurs ont augmenté la puissance. À bas régime, le moteur est beaucoup plus prompt que l’ancien 6,1-litres, et vous mettrez moins de 5 secondes pour atteindre les 100 km/h. Les reprises sont meilleures à tous les régimes, et la sonorité inimitable du gros V8 ne cesse de me coller un sourire au visage. En prime, vous avez dans la version 392 un intérieur exclusif en cuir bien épais avec des sièges aux couleurs de la carrosserie avec le logo 392 bien en vue. Vous aurez aussi droit à une chaîne audio plus bruyante que le moteur pour écouter votre musique préférée, la navigation, la radio satellite et d’autres fonctions reliées par un écran tactile très fonctionnel placé au centre de la console.
Toute une gamme de changements
Si vous trouvez la version 392 un peu extrême, la même silhouette est offerte avec le V6 Pentastar de 3,6 litres qui offre dans la Challenger 305 chevaux pour 26 995 $, un ratio prix/plaisir très concurrentiel. Vient enduite le populaire 5,7 Hemi qui se pointe pour 2012 à 379 chevaux et, enfin, la version SRT8 392 qui débute à 47 995 $. Notre version d’essai de la 392 était équipée de l’excellente boîte de vitesses automatique à 5 rapports, mais chose assez rare, près de 50 % des acheteurs choisiront la boîte manuelle Tremec à 6 rapports. C’est vraiment une question de goût car les deux boîtes font du bon travail.
Conclusion
Je ne suis pas un mordu de « muscle cars », je trouve ces montures mal dégrossies, inconfortables et tapageuses, mais j’ai eu un coup de cœur pour la Challenger 392 qui a su se comporter en véritable berline sur la route et est capable de cracher ses tripes à la demande. Mon premier choix devant la Mustang et la Camaro.
Forces
Puissance
Confort sur route
Style
Prix compétitifs
Faiblesses
Poids
Visibilité
La direction pourrait être plus précise
Fiche Technique Challenger 392
Moteur
V8 6,4 l ACC 470 ch à 6000 tr/min
couple: 470 lb-pi à 4200 tr/min
Transmission : manuelle à six rapports ou automatique à 5 rapports
0-100 km/h : 4,8 s
Vitesse maximale: 250 km/h
Consommation par 100 km : 11,9 l (octane : 91)
Sécurité active
freins ABS, répartition électronique de force de freinage, assistance au freinage, antipatinage, contrôle de stabilité électronique
Suspension avant/arrière
indépendante
Freins avant/arrière disques
Direction : à crémaillère, assisté
Pneus : P245/45ZR20
Dimensions
Empattement : 2946 mm
Longueur : 5022 mm,
Largeur : 1923 mm
Hauteur : 1450 mm
Poids: 1891 kg
Diamètre de braquage : 11,9 m
Coffre : 459 l
Réservoir de carburant : 73 l
Prix : 49 395$ (SRT8)






