De plus en plus, des voix s’élèvent contre la présence des personnes âgées derrière le volant, surtout quand elles présentent des carences pouvant porter atteinte à la sécurité des usagers de la route. Au-delà de quatre millions de Canadiens ont maintenant plus de 65 ans, et le nombre de personnes âgées sur la route ne fera qu’augmenter au cours des prochaines années. Il est donc normal que le nombre de personnes âgées victimes d'accidents de voiture augmente.
Au Québec, une évaluation médicale est exigée au renouvellement du permis de conduire quand la personne atteint l'âge de 75 ans et 80 ans. Par la suite, l'évaluation médicale est obligatoire tous les deux ans. Statistiquement, les personnes âgées ne sont pas plus représentées dans le bilan routier que les autres groupes d'âge. De plus, il est reconnu que les personnes âgées font beaucoup moins de kilométrage que les autres conducteurs et qu'elles sont plus prudentes étant donné la diminution de leurs capacités physiques (vision, ouïe, réflexes). Expliquer aux gens qu'ils ne peuvent conduire pour des raisons physiologiques, parce qu'ils souffrent d'arthrite ou que leur vue n'est pas très bonne ne suscite habituellement aucune controverse. Par contre, leur expliquer qu'ils ne peuvent conduire parce qu'ils présentent un déficit cognitif pouvant entraîner un manque de jugement et des habiletés motrices réduites, c’est un peu plus délicat. Nombre de ces patients sont peu conscients de leur déficit; ils se pensent parfaitement normaux. Quand on leur dit qu'ils ont ces problèmes et qu'il faut leur retirer leur permis de conduire, ils ne comprennent pas. C'est là que le conflit éclate.
À quel âge est-on âgé ?
C’est cette question qu’il faut poser, mais elle n’a pas vraiment de réponse. Certains conducteurs sont encore très alerte à 75 ans, alors que d’autres sont dangereux à 65. Les regroupements de personnes du troisième âge estiment que leur « retirer leur permis de conduire pour des raisons d’âge » équivaut à leur « retirer leur indépendance ». Plusieurs jugent que de commencer à exiger un renouvellement de permis à 75 ans est trop tard. Certains pays d’Europe commencent à 70 ans, par contre, plusieurs pays n’ont aucune forme de réglementation. Devrait-on instaurer des permis restreints qui permet aux personnes qui sont en perte progressive d’autonomie de circuler localement et leur interdire les routes achalandées ?
C’est ce qu’on appelle la délivrance d'un permis de conduire conditionnel ou assorti de restrictions. Ce système permet de faire correspondre les conditions de conduite aux habiletés de conduite d'une personne. Par exemple, une personne qui a une vision réduite pourrait avoir le droit de conduire uniquement le jour. Dans un périmètre précis, et en dehors des autoroutes. Ces restrictions visent à permettre à un conducteur qui peut avoir un problème médical quelconque de conduire dans un environnement plus sûr, où les risques sont moindres. Dans certaines conditions, ces permis peuvent être très utiles. C'est l’une des stratégies qui permettent de prolonger la période de conduite d'une personne.
Je suis d’avis que nous devons garder aussi longtemps que les conditions le permettent les personnes âgées sur la route. Bien des gens pensent les conducteurs âgés n'ont pas leur place sur la route. La perte de la capacité de conduire a d'énormes conséquences sur l'autonomie des personnes dans leur milieu ainsi que sur leur santé et leur bien-être en général. Les familles qui doivent s'occuper de ces personnes âgées une fois qu'elles n'ont plus leur permis en subissent également les contrecoups. Comme journaliste automobile, la voiture représente tout pour moi et je ne vois pas comment je pourrai continuer à vivre sans voiture.




